MES FAVORIS DE LA RENTREE

     Bon, j’ai conscience qu’un des gros travers de ceux qui travaillent dans l’éducation est de constamment vouloir parler de leur boulot et je n’ai pas envie de tomber là-dedans (même si, on ne va pas se le cacher, j’ai déjà commencé) aussi bien dans ma vie personnelle que sur ce blog. Laissons donc mon travail de côté pour cette semaine (tu en entendras déjà assez parler comme ça lorsque je sortirai ma première vidéo de la série JDPES) et parlons plutôt de mes favoris de la rentrée, le tout en passant sous silence tout ce qui concerne l’école. Autant te prévenir tout de suite, ce mois-ci j’ai consacré le peu de temps que j’avais pour moi (étant donné que j’ai été légèrement overbookée entre les préparations de cours, les temps en classe, à la fac et les trajets in-ter-mi-na-bles – j’ai séparé les syllabes pour accentuer le mot, parce que c’est un p*tain d’euphémisme – entre les différents lieux où je devais me rendre) à ce que les YouTubeuses beauté appellent le self-care. Ne soit donc pas étonné.e si mes favoris tournent principalement autour de cette notion.

     Tout d’abord, parlons musique. Afin de me motiver à sortir du lit après une nuit bien trop courte et à me sentir belle et forte malgré mes cernes proéminentes, je me suis concocté une playlist sobrement intitulée « 👸🏻 » (désolée pour ceux tout ceux qui se sont opposés à l’insertion d’emoji dans mes articles mais c’est le nom de ma playlist), laquelle regroupe toutes les chansons des queens de la pop qui ont le don de me faire sentir puissante et indépendante. Honnêtement, si tu as un coup de mou ces chansons sauront te guider vers la lumière et te montrer que tu es capable de réaliser tout ce que tu entreprends, n’hésite donc pas à aller l’écouter ici (je l’ai mise en public exprès pour ne pas être la seule à en profiter). Toujours dans la musique, que serait un de mes articles favoris sans la mention de Coeur de Pirate ?  Je sais, je sais, c’était attendu étant donnée que je suis une véritable fangirl mais ce n’est pas de ma faute si elle a sorti le morceau parfait à l’occasion de la rentrée, soit une reprise de Femme Like U (si tu me connais un minimum, tu sais que l’alliance Coeur de Pirate et chanson des années 2000 est le combo fatal pour me faire tomber en amour). Si tu ne l’as pas encore écoutée, je t’invite à le faire de ce pas.

 

     La musique c’est bien beau, mais c’est loin d’être ma seule méthode de self-care. En effet, étant une grande fan de films et de séries (je te jure que cet article n’est pas sponsorisé par Netflix, même si ça ne m’aurais pas déplu) j’ai toujours un certain nombre de ces derniers à porté de mains pour me détendre et m’occuper pendant mes bains (je n’en ferai pas d’autres mentions parce qu’honnêtement je ne saurais pas quoi dire dessus mais, lorsque tu as eu une journée ou semaine difficile, n’hésite pas à prendre un bain pour décompresser ; honnêtement ça fait un bien fou. Par contre, et là je parle plus spécifiquement aux femmes, NE METTEZ PAS DE BOMBES DE BAIN DEDANS, ou alors vérifiez la composition de ces dernières pour être certaines qu’elles ne contiennent pas de substances qui vont venir détruire ta flore vaginale et te donner des inflammations. Fin du point santé, je te conseille l’ouvrage de Laci Green si tu souhaites apprendre d’autres petites choses comme celle-ci). Pendant le mois, j’ai donc alterné entre mes trois chouchous, soit F.R.I.E.N.D.S, How I Met Your Mother et One Day At A Time. Je doute que ce soit utile de t’en faire un résumé étant donné que j’ai déjà parlé au moins une fois de chacune de ces séries et qu’elles sont relativement très connues ; il est donc temps de sortir de ta grotte si jamais tu n’en as jamais entendu parlé (sérieusement ? C’est possible ?).

      Pour finir, que serait un article tournant autour de la notion de self-care sans mentionner la nourriture ? J’ai beau avoir une relation particulière à cette dernière, je ne peux qu’admettre qu’elle contribue grandement à me réconforter lorsque j’en ai besoin. J’ai donc, durant tout le mois de septembre, passé une partie de mes soirées derrière mes fourneaux pour préparer de bons petits plats à mon estomac et celui de mon homme (je te rappelle qu’on vit ensemble désormais, j’en ai parlé dans mon précédent article). En même temps, quand nos repas de la journée se résument à du café (à ce propos, il est plus qu’étonnant que je n’ai jamais évoqué le café dans mes précédents favoris étant donné qu’il fait pleinement partie de mon quotidien. Fut un temps, la belle époque de la prépa, j’en buvais pratiquement un litre et demi par jour et, même si j’ai drastiquement réduit ma consommation – je rappelle que l’abus de café est mauvais pour la santé – j’ai conscience du fait que je suis totalement accro à cette boisson qui participe au bon déroulement de ma journée) afin de ne pas prendre de retard dans son travail (désolée, j’avais dit que je n’en parlerais pas), c’est un plaisir inimaginable que de savourer un bon petit plat en rentrant chez soi le soir. Pour ce qui est de mes inspirations de recettes, je t’avoue qu’elles sont multiples et qu’une grande partie sort tout droit de ma tête mais, si tu as besoin de ressources, je ne peux que te diriger vers le journal de de repas de ma copine @borntobeadinde – sur le compte @veggiesideoftheforce dont je t’ai déjà parlé précédemment – ou encore sur mon Instagram ou mon tableaux de recettes réalisé sur Pinterest.

     Voici les choses qui ont fait vibrer mon petit coeur au cours du mois difficile (car chargé) que fut septembre. Très honnêtement, je suis étonnée d’avoir trouvé le temps de rédiger ce billet mais suis contente de l’avoir fait, c’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai pas attendu pour le publier. Comme je te l’ai dit dans l’article qui annonçait mon retour, t’écrire m’a beaucoup manqué et j’espère réussir à reprendre une routine régulière. Ce qui est sûr, c’est que tu auras le droit à un article favoris du mois en octobre (enfin j’espère pouvoir publier autre chose entre-temps quand même), puisque j’adore Halloween et me mets en conditions dès le début du mois. A ce propos, j’ai des sablés en forme de fantômes à aller faire alors je te laisse, à bientôt !

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Fiona Gillard

WELCOME BACK !

     Je ne vais pas te le cacher, c’est avec un peu d’appréhension que je m’attaque à la rédaction de cet article. Essaye de comprendre, cela fait quelques mois maintenant que je n’ai pas écris à ton attention et je redoute (merci le syndrome de l’imposteur) que tu ne répondes pas présent·e à mon appel, que ton intérêt pour mes pérégrinations intérieures se soit évaporé et que tu te sois tourné·e vers quelque chose qui te profiterais plus. Il est vrai que, sur Internet, nous avons accès à de multiples contenus et qu’il est donc facile de passer à autre chose et d’oublier ceux qui, pendant un temps, ont cessé de publier. Malgré cette angoisse, me voici pourtant là à pianoter sur le clavier de mon ordinateur, prête à te raconter tout ce qui s’est passé dans ma petite existence lors de ma période d’absence. A ce propos, n’hésite pas à faire la même chose ; après tout ce temps, j’ai envie d’avoir de tes nouvelles.

     Commençons tout d’abord par la raison pour laquelle je t’ai laissé·e : le CRPE (ou concours pour devenir professeure des écoles si jamais tu n’es pas au fait des acronymes de l’Education nationale). J’ai donc passé les différentes étapes de ce dernier, non sans stress et fatigue, entre avril et juin et… JE L’AI EU (désolée pour ces majuscules un peu agressive, j’ai eu besoin de laisser échapper ma joie un instant) ! J’ai donc commencé à enseigner à la rentrée au sein de l’Académie de Versailles (pas la peine de demander plus d’informations, je n’ai pas le droit de les partager) et compte bien te parler de ça prochainement (même si je flood déjà mes réseaux sociaux avec des anecdotes professionnelles). J’espère que tu as aussi hâte que moi de découvrir ces nouveaux contenus qui me permettront de partager mon expérience mais aussi de te montrer les dessous du métier d’enseignante ; avec un peu de chance cela participera à redorer le blason de cette profession qui ne cesse d’être décrédibilisée par les médias ces derniers temps (comme si elle avait besoin de ça…).

     Dans un autre registre, mais puisque cet article a pour but de te donner des nouvelles j’en profite pour en parler, au cours de ma période d’absence j’ai également quitté le domicile familial pour emménager avec mon copain – plus connu ici sous le surnom de bae – qui est revenu à la capitale. J’ai vraiment l’impression que cela a contribué à nous rapprocher d’autant plus (en même temps, quand on vit à deux dans un studio, j’ai envie de dire qu’on ne peut qu’être proches), ce qui m’a permis de m’épanouir à différents niveaux. J’en parlerai certainement plus longuement dans de futurs articles, le tout en évitant de trop exposer notre intimité pour des raisons que tu comprendras aisément.

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Le petit #plaisir du #dimanche : le #brunch ❤️

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     Maintenant que tu sais tout, je vais te laisser et retourner à mes préparations de cours jusqu’au prochain article qui (je te le promets) ne tardera pas trop à montrer le bout de son nez (je me sens comme Antoine Daniel en écrivant ça…).

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Fiona GILLARD

ANNONCE

     Je passe mon concours dans deux mois ; mon rythme de travail est en train de s’intensifier tandis que le stress ne fait que monter crescendo. J’ai de plus en plus de mal à tenir tous mes engagements, soit le fait d’aller en cours, de garder des enfants mais aussi de travailler pour le blog ainsi que dans une maison de retraite. Entre toutes ces activités, il faut que je parvienne à trouver du temps pour dormir, mais aussi pour aménager de véritables plages de révisions afin d’être la plus prête possible pour le CRPE. De ce fait, j’ai pris la décision de faire une pause sur ce blog. Je ne sais pas si tu réalises à quel point c’est dur de t’annoncer ça ; j’y pense depuis déjà quelques semaines mais étais horrifiée à l’idée de te décevoir. En plus c’est assez risqué de faire une pause maintenant puisque je commence tout juste à retrouver un lectorat régulier. Je pense néanmoins que c’est nécessaire pour la réussite de mes projets professionnels ; j’espère que tu comprends. Pour tout te dire, l’an dernier, alors que je préparais le CAPES d’histoire-géographie, j’ai éprouvé le besoin de reprendre mon blog en main et de recommencer à publier de façon régulière à la suite de mon burn-out. J’ai été ravie de faire cela, ce n’est pas la question, mais pense, avec le recul, que cette initiative m’a pris du temps précieux dans le cadre de ma préparation de concours et ne souhaite pas commettre la même erreur. Je m’engage à revenir avec des articles d’un niveau supérieur après mes épreuves, mais en attendant je préfère te prévenir qu’il risque d’y avoir une période creuse sur le blog. Cet article est donc le dernier avant un moment, je te souhaite tout le bonheur du monde d’ici le prochain et espère que tu seras au rendez-vous. Merci d’être là.

 

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Fiona Gillard

IMPRESSIONS & FAVORIS DE JANVIER

     Le mois de janvier a été rude et j’ai bien cru qu’il ne se terminerait jamais. Il a pourtant commencé magnifiquement bien avec de doux moments en compagnie de l’amoureux mais cette ambiance a très vite laissé place à la violence de la reprise des cours et de mes concours blancs, aussi connus sous le nom d’Enfer sur Terre. Franchement, je trouve ça mesquin de nous mettre ce genre d’épreuves juste après les vacances de Noël ; tout le monde sait que s’il y a bien un moment dans l’année où on ne fait rien, mais alors vraiment rien du tout, c’est lors des fêtes de fin d’année. Personnellement, j’ai passé mes vacances à enchaîner les repas de famille ce qui fait qu’à la rentrée j’étais plus focalisée sur le fait que j’avais l’impression d’être devenue le bibendum Michelin (dysmorphisme bonjour) que sur mes épreuves qui approchaient (en même temps ces dernières ne comptent pas dans ma moyenne alors who cares ? – c’est le moment où j’espère qu’aucun de mes profs de l’ESPE ne verra cet article). La reprise des cours a donc été laborieuse et ne fut pas sans encombre ; d’autant plus que le véritable concours approche, accompagné du stress qui grandit un peu plus chaque jour. Autant te dire que ce n’est pas la joie ; j’essaye de relâcher la pression en faisant du sport (ce qui pourrait éventuellement améliorer mon estime de moi par la même occasion) mais ce n’est pas très efficace puisque je suis une fumeuse asthmatique. J’ai donc essayé de me réconforter par le biais de l’entertainment – et non de la nourriture car, comme je te l’ai dit, je considère que j’ai quelques kilos à perdre – ce qui fait que j’ai pas mal de choses à te présenter.

     Tout d’abord, je voulais te parler de deux vidéos de YouTubeuses que je n’ai pas l’habitude de suivre, soit Horia et EnjoyPhoenix. Je t’avoue que je ne regarde pas leurs vidéos car j’ai un peu de mal avec l’univers beauté, qui implique de la surconsommation soit l’inverse de ce à quoi j’aspire et qui m’a toujours paru artificiel. Néanmoins, en ce début d’année, j’ai vu les réseaux sociaux répéter en boucle que leurs vidéos de résolutions respectives étaient à regarder car elles montrent l’exemple, renouvellent l’image qu’on se fait des YouTubeuses beauté, etc. J’ai donc été y faire un tour et fût très agréablement surprise. En effet, dans leurs résolutions, Horia et EnjoyPhoenix ont expliqué que de par leur statut, elles reçoivent moules produits de la part des marques si bien qu’elles sont équipées pour au moins toute une vie. Le souci c’est qu’il ne se passe pas un jour sans qu’elles reçoivent de nouveaux colis de la part des agences de presse, ce qui fait qu’elles ont des produits en plusieurs exemplaires et sont incapables de tout utiliser dans les temps, voire même d’en faire bénéficier leur entourage et communauté. Pour remédier à cela, elles ont donc décidé de contacter les différentes marques qui leurs font ces cadeaux pour leur demander d’arrêter afin de ne plus surconsommer. Franchement, je ne peux que saluer cette initiative qui me ferait presque changer d’avis sur les YouTubeuses beauté. En ce moment j’ai l’impression que pas mal de créateurs remettent en question leur rapport aux marques et à la surconsommation et je trouve ça vraiment super ; est-ce que la cause environnementale aurait (enfin) trouvé des portes paroles qui la feront devenir un véritable enjeu sociétal ? Il est vrai que les influenceurs ont énormément d’influence sur les jeunes générations (d’où leur nom d’ailleurs), ce qui fait que leurs prises de position pourraient impacter le rapport des gens à la consommation. Vraiment, je ne vois que du positif à cette initiative et espère qu’elle va perdurer.

     Restons dans le YouTube game et dans le renouveau des YouTubeuses beauté avec une des dernières vidéos de Jenesuispasjolie, qui a mis en ligne un récit portant sur son avortement. Un tel contenu était vraiment inattendu mais j’ai été heureuse de voir un tel contenu envahir les chaînes de personnes d’influence (disons que ça compense les contenus stupides comme ceux qui perpétuent des clichés qui font complexer des générations entières de femmes) et plus particulièrement celles des YouTubeuses beauté que j’ai trop longtemps dénigré et qui aujourd’hui m’apparaissent de façon beaucoup plus positive. A l’heure où des abrutis – excuse-moi le terme mais il faut être réaliste – tentent de remettre en cause le droit à l’avortement, je pense qu’il est important de voir du contenu objectif sur un tel sujet afin de le rendre un peu moins tabou, alors merci Léa !

     Dans un autre genre – mais un peu similaire quand-même – j’ai découvert le stand-up dix ans après tout le monde, ce qui m’a inspiré pour la rédaction de mon article I am relatable. J’ai trouvé ce mode de communication véritablement fascinant et pense sérieusement à en reprendre certains codes dans le cadre de ma chaîne YouTube. Bref. J’ai particulièrement apprécié le spectacle de Shirley Souagnon (disponible sur Netflix) ainsi que ceux disponibles sur d’autres médias. En vrai, j’ai tellement adoré cette fille que j’ai regardé tout ce qu’elle a fait après ; elle m’a fait entrer dans l’univers. J’ai eu d’autres coup de coeur comme Marina Rollman ou Jason Brokerss dont je te reparlerai certainement plus tard, soit lorsque j’aurai regardé tout ce qu’ils ont fait au cours de leur carrière. En attendant, je ne peux que te conseiller d’aller regarder la série Humoristes du monde sur Netflix afin d’avoir un bon aperçu de ce qui se fait. Personnellement j’ai adoré ! J’ai également binge-watché la série You, qui dépeint une relation toxique entre une jeune femme et un homme qui est un IMMENSE psychotique et ai trouvé ce programme super. Si tu as un peu de temps devant toi, je ne peux que t’encourager à aller y jeter un coup d’oeil (c’est ce que j’ai dit à mon meilleur pote et il ne l’a pas regretté de ce qu’il m’a dit).

     A ce moment de l’article, tu dois sûrement te dire que j’ai passé le mois à regarder des vidéos (ce qui n’est pas complètement faux) mais en réalité pas que. En effet, suite à Noël je me suis acheté une Nintendo Switch et j’en suis totalement raide dingue ! J’ai déjà acheté approximativement trente six mille jeux et passe mes soirées à y jouer (ce qui n’améliore CLAIREMENT PAS ma qualité de sommeil, ne nous mentons pas). Je crush plus particulièrement sur Mario Odyssey et Inside, que je vous conseille fortement si vous en avez l’occasion.

      Toujours dans la catégorie jeux (de société cette fois), j’ai reçu le Bonhanza, ou Bizness des haricots en français, à Noël et depuis j’y initie absolument tout le monde. Dès le lendemain des fêtes, j’ai effectué quelques parties avec ma soeur et mes cousins et nous sommes tous devenus accro ; le but est de cultiver le plus de haricots possibles pour gagner un maximum d’argent et devenir le maître du monde (bon d’accord, j’extrapole un petit-peu mais l’idée est là ; pour résumer c’est un bon gros jeu capitaliste, ce qui ne l’empêche pas d’être plaisant). Tout se joue au niveau des négociations et certaines des personnes avec qui j’ai eu l’occasion de jouer sont vraiment rudes (pas vrai chéri ? Pas vrai Martin ?) donc c’est un véritable défi.

     Dans un genre un petit peu plus sérieux, j’ai commencé la lecture de Zéro déchet, mode d’emploi et je trouve cet ouvrage très instructif. Il donne de très bon conseils pour réduire son impact environnemental et donc contribuer à préserver la planète, cela à différents niveaux, ce que je trouve particulièrement cool. Je pense très sincèrement que je te reparlerai de cet ouvrage voire te présenterai quelques idées qu’il donne dans un prochain article ou, qui sait, dans une future vidéo car, comme tu le sais, je suis très intéressée par tout ce qui est lié à l’écologie.

       Sur ces bonnes paroles, je retourne mourir sous mes draps, puisqu’en ce moment ma santé n’est clairement pas au beau fixe. J’espère que tu as passé un bon mois de janvier et que tu tiens le coup malgré le froid. A la semaine prochaine !

 

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Fiona Gillard

GILLETTE & LA MASCULINITE TOXIQUE

     « Gillette, la perfection au masculin« , c’est une phrase qui est gravée dans la tête de toute personne qui a un tant soit peu regardé la télévision au cours des trente dernières années (oui, j’ai vérifié). Pourtant, la marque a fait le pari d’opérer un virage à 90 degrés la semaine dernière en dénonçant, dans sa nouvelle campagne, la masculinité toxique (comme quoi les discours féministes commencent à se faire entendre !) et en changeant dans le même temps leur slogan pour « nous y croyons : l’homme peut être le meilleur« . Mais si on s’intéressait à ce qu’est la masculinité toxique et ce qui se cache véritablement derrière cette campagne ?

     Le terme de « masculinité toxique », utilisé dans les cadres de la psychologie et des études de genre, désigne certains traits du comportement masculin occidental qui sont vus comme inhérent à son genre – et donc globalement acceptés sous couvert de la phrase « les hommes resteront des hommes » – alors qu’ils sont une construction patriarcale et qu’ils engendrent des impacts négatifs sur la société, les femmes et les hommes eux-mêmes. Bien sûr, le concept de masculinité toxique n’est pas destiné à diaboliser les hommes ou les attributs masculins ; au contraire, il tend plutôt à mettre en évidence les effets nocifs de la conformité à certains idéaux traditionnels comme la domination, l’autosuffisance, et la compétitivité. Parmi les comportements dénoncés, le principal est l’injonction à la violence. Cette dernière leur est transmise dès l’enfance, le tout aussi bien envers les autres hommes que les femmes , elle inclut donc le fait de commettre des agressions sexuelles ou d’avoir recours à la violence domestique en plus de la tendance à se bagarrer. On est donc en plein dans l’imaginaire diffusé habituellement par Gillette, qui avait prit l’habitude de montrer des hommes forts et musclés pratiquant des sports de combat pour exhiber leur force. Pourtant, avec leur nouvelle campagne, les choses changent.

 

     En effet, le ton est donné dès le début du spot publicitaire qui demande, au lendemain du scandale #Metoo, « est-ce vraiment ce que l’homme peut être de mieux ? Vraiment ? Nous ne pouvons pas l’ignorer. Cela dure depuis trop longtemps. Nous pouvons en rire, donner les mêmes excuses. ‘Les hommes seront toujours des hommes.’ Mais des choses finissent pas changer. Dites juste ce qu’il faut. Agissez comme il le faut. Certains le font déjà. Certains font de grands gestes, ou des plus petits. Mais ce n’est pas suffisant. Parce que les garçons qui nous regardent aujourd’hui seront les hommes de demain« . On ne va pas se mentir, c’est osé. Autrefois connue pour ses publicités virilistes, la marque a choisi de désormais lutter contre la masculinité toxique en mettant en exergue les hommes qui « se comportent bien » afin que les nouvelles générations soient à la hauteur du changement sociétal qui s’est opéré suite aux différents mouvements féministes. Gary Coombe, le président de P&G Global Grooming, a déclaré que « en se responsabilisant les uns les autres, en éliminant les excuses aux mauvais comportements et en apportant son soutien à une nouvelle génération qui travaille dur dans l’espoir d’atteindre ‘sa perfection’, nous avons le pouvoir de créer un changement crucial ces prochaines années » ; « beaucoup d’entre eux se retrouvent à la croisée des chemins, sont tiraillés entre le passé et une nouvelle ère de la masculinité. Alors qu’il est clair qu’il faut que cela change, la manière d’initier ce changement est moins évidente. Cela paraît monumental, cela semble effrayant. Alors, faisons-le ensemble ». Ce qu’il annonce à demi-mot dans ce communiqué, c’est que la marque s’engage à verser 3 millions de dollars, le tout sur 3 ans, à des ONG américaines qui oeuvrent pour l’arrêt des violences faites aux femmes ; la première association qui bénéficiera de ce projet sera Boys & Girls Clubs of America, qui enseigne aux enfants comment dialoguer. Franchement, ce projet est très louable et je suis heureuse de voir qu’il a bien été accueilli par le public visé :

https://twitter.com/louiesderangem1/status/1085263760787419136?s=21

      Ah… En fait non. Tu l’as certainement vu sur les réseaux sociaux, la campagne a été extrêmement mal accueillie si bien qu’un boycott de la marque a été organisé par certains hommes qui affirment qu’elle « utilise #Metoo pour chier sur tous les hommes ». Je ne vais pas te le cacher, cette réaction me fait bien rire. Pourquoi ? Mais tout simplement parce que ce spot publicitaire – qui est très louable, je le rappelle avant de commencer à cracher dessus – pourrait au contraire être résumé à un énorme « Not all Men » (« pas tous les hommes » pour les non-anglophones. En effet, dans cette campagne, la marque ne cesse de rendre hommage aux hommes qui ont une influence positive sur la société, le tout dans le but de montrer qu’il est possible d’être un mec bien, ce qui est génial seulement ça me pose problème car, pour moi, le fait de ne pas harceler les femmes et de se comporter de façon normal ne devrait pas avoir besoin d’être salué. Je te donne un exemple pour que tu voies mieux ce que je veux dire : imagine si on remerciait toutes les personnes qui ont la décence de ne pas lâcher d’immenses caisses puantes dans le métro ? Ce serait ridicule non ? Eh bien pour moi, là, c’est pareil. On ne le dira jamais assez, le fait de ne pas harceler ou agresser de femmes est normal, il me semble donc illogique de remercier ceux qui ne se comportent pas comme des porcs. D’autre part, je suis mal à l’aise avec le fait qu’une publicité répondant à #MeToo et s’en vantant soit dénuée de femmes (et ce même si elle est destinée aux hommes), comme l’a dénoncé Sirena Bergman. Elle affirme que certes, « le message disant qu’un homme doit être un allié du féminisme est présent et c’est important, mais cela ne représente que quelques secondes de la campagne. Ensuite, le mouvement #MeToo est oublié et le reste de la vidéo nous montre des hommes et des petits garçon à qui on dit de ne pas se battre » (j’ai traduit ses propos moi-même, l’article original – en anglais – est disponible ici), ce qui n’a plus aucun rapport avec le mouvement #MeToo. Personnellement, je trouve cela dérangeant car ça donne l’impression que la marque Gillette surfe plus sur la vague de popularité qui a suivi la mise en place de #MeToo plutôt que de véritablement soutenir l’initiative, alors qu’elle est pourtant significative et ne peut se résumer à un effet de mode.

      Pour résumer, même si l’idée de la campagne et les sujets qu’elle aborde sont louables, c’est un souci qu’un mouvement visant à ce que les femmes prennent confiance en elles et osent dénoncer les hommes qui leur ont fait du mal ne parle que des hommes. Cette publicité obtient donc un « peut mieux faire » (on sent la future prof là, non ?) selon moi, car je suis persuadée que les hommes peuvent être bien plus que des « non-harceleurs » et qu’ils peuvent contribuer à la mise en place d’une véritable égalité entre les sexes. Je ne puis néanmoins que soutenir ce genre d’actions – et t’inciter à aller voir ce qu’ils en disent sur leur site Internet – qui peuvent influer sur le comportement des futures générations qui verront ce spot.

 

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Fiona Gillard

I AM RELATABLE

     La semaine dernière, j’ai posté une story Instagram où je disais être en train de regarder le nouveau one-woman show de Ellen DeGeneres, une humoriste américaine qui présente son propre talk-show depuis plusieurs années. A cette occasion, une copine m’a envoyé un message pour me proposer de faire un article dans le même genre que son spectacle. J’avoue qu’au départ, j’ai été un peu désarçonnée, ne sachant pas trop ce que je pourrais bien avoir à raconter. Pourtant, plus j’y ai réfléchi plus l’idée m’a tentée ; après tout c’est un véritable défi que de faire du stand-up à l’écrit. Enfin bref, finalement, après quelques verres de vin (n’oubliez pas de boire avec modération, gngngn), j’ai été plutôt inspirée et ai commencé à écrire des trucs qui pourraient éventuellement te divertir. Pour cela, j’ai repensé au jour où j’ai parlé de ma jeunesse – parce qu’on le sait, après 20 ans une femme est bonne à jeter, pas vrai Yann Moix ? – à ma petite sœur et à la réaction qu’elle a eu quand elle a comprit ce que ça avait été de grandir dans les prémices des années 2000. Parce que oui, c’était une époque un peu spéciale alors j’ai eu envie de l’évoquer avec toi ; c’est un peu risqué car je ne sais pas si tu l’as vécue ou non. Dans tous les cas, j’espère que j’arriverai à être assez relatable pour que tu réussisses à apprécier ma peinture de cette époque (c’est à ce moment-là que j’imagine les historiens du futur – bel oxymore – utiliser mon texte comme source pour des recherches portant sur notre présent, arrêtez moi s’il vous plaît ou je vais partir dans tous les sens). Sans plus attendre, voici donc l’histoire d’une personne lambda, faisant partie des dinosaures parmi les millenials et des bambins parmi la génération y – parce que oui, personne n’arrive à se mettre d’accord sur la catégorie à laquelle ma tranche d’âge appartient – le tout à la manière d’Ellen DeGeneres. Ah non attends, encore une chose avant de vraiment commencer mon déballage d’anecdotes : sache que lors de l’écriture de cet article, je me suis posée avec du Diam’s dans les oreilles afin de me remémorer de vieux souvenirs. Après tout, cette artiste est la première qui m’a fait dandiner des fesses, le tout alors que j’étais en primaire. D’ailleurs, si tu veux faire comme moi et te mettre dans l’ambiance pour ta lecture, tu peux tout à fait mettre ma playlist des chansons de merde des années 2000 en fond sonore (et tant qu’à passer sur ma chaîne YouTube… tu pourrais peut-être en profiter pour t’abonner, tu ne crois pas ? Je sais, ce n’est pas très subtil mais si jamais tu apprécies cet article je suis certaine que tu vas aimer mon concept !).

     Commençons par peindre le décor : étant née en 1996, très bonne année pour les vins même si ce n’est pas le sujet, je fais officiellement partie de la génération des millenials – cela même si je suis née avant le nouveau millénaire, c’est illogique. Après, personnellement, je ne me reconnais pas vraiment dans cet ensemble – que j’associe plutôt à ma petite sœur lycéenne – et me sens condamnée à errer entre deux décennies. C’est embêtant, franchement. Je pense donc qu’on devrait trouver un nom pour les personnes dans ma situation ;  ceux qui sont entre deux époques. J’y ai donc réfléchi et ai une proposition : je pense qu’on ferait mieux d’appeler les gens de mon âge la « génération Skyblog ». Pourquoi ? Mais parce que ce site, on y a pratiquement tous trainé lorsqu’on était (trop) jeunes ; c’était les prémisses des réseaux sociaux version hyper-narcissiques, une sorte d’ébauche de TikTok, tu vois le délire ? En plus, à cette époque-là, Internet n’était encore qu’un bébé, c’était tout nouveau et les gens ne savaient ni s’en servir ni quels dangers cela pouvait comporter. Et nous, la « génération Skyblog » you know, on était jeunes, cons, on ne savait pas ce qu’on faisait. Du coup, sans aucunement réfléchir à ce que cela pouvait impliquer, on a posté des photos de nous gamins sur cette plateforme. A cause de ça, maintenant, on est condamnés à les subir jusqu’à ce qu’Internet soit purgé, ce qui fait qu’à tout moment, mon employeur (l’Etat inch’Allah) pourrait tomber sur des photos de moi à ma période emo, ou pire sur des photos de moi à l’école primaire. Oui parce que la folie Skyblog a commencée alors que ma génération était très (TRES) jeune ; de ce fait, on était inconscients et n’avions aucune limite. Par exemple, je me souviens d’un mec qui était avec moi à l’élémentaire – que je ne salue pas s’il passe par-là btw, puisqu’il fait partie des gens dont je parlais dans mon article sur le harcèlement scolaire – qui avait laissé un message sur sa page publique disant « j’ai envie qu’on reste en contact même si on rentre en 6e, du coup je vous laisse mon numéro de téléphone » et ce c*n l’avait mis en ligne. IL A MIS SON P*TAIN DE NUMERO DE TELEPHONE SUR INTERNET ET PERSONNE N’Y A VU DE PROBLEME. C’est choquant non ?

En fait, quand j’y réfléchis, on était les meilleures proies pour les pédophiles. A l’époque, la génération de nos parents nous disait de nous méfier des gens qui nous proposaient des bonbons dans la rue mais ils ne se doutaient pas que des mecs de 30 piges trainaient sur nos chats pour complimenter nos photos alors que nous n’étions même pas pubères. Personnellement, je me souviens parfaitement que ma meilleure amie de l’époque et moi avions sympathisé avec un travesti qui nous disait vivre dans une caravane jonchée de préservatifs usagés et nous n’y voyions aucun problème alors qu’aujourd’hui, rien que le fait d’y penser me fais froid dans le dos. Après, il y avait aussi de bons côtés. Moi, la première personne que j’ai galoché, je l’ai rencontrée sur Skyblog (franchement, c’est quoi le pire entre se rencontrer sur Tinder ou Skyblog ? Moi j’ai ma petite idée). On vivait dans des villes voisines et on a commencé par parler musique avant de nous complimenter sur nos styles respectifs (je rappelle que j’étais emo à l’époque, EMO, comment pouvait-on me complimenter sur mon style ?). Ensuite, une fois qu’on a eu dépassé le stade de la flatterie, on a commencé à discuter via MSN. Ah, MSN, toute une époque (ma soeur ne connaissait pas ce site, je ne te cache pas que je me suis sentie vieille) ! On apprenait à nous connaître, le tout entre deux wiz qui étaient, osons le dire, un avant-goût de l’Enfer, et c’était somme toute agréable. En plus, on pouvait même se parler via nos webcam, c’était révolutionnaire je te jure ! Enfin bref, si tu es plus jeune que moi, déjà tu n’as pas dû comprendre les dernières lignes et j’en suis désolée, mais surtout tu dois  te demander pourquoi on ne discutait pas par SMS comme des gens civilisés. Eh bien – assieds-toi, ça pourrait être choquant – c’est tout simplement parce qu’à l’époque ces derniers étaient limités et payants. En plus, si ledit SMS dépassait un certain nombre de caractères on en payait PLUSIEURS ! Du coup, on devait gratter des caractères en retirant les accents, les cédilles, etc parce qu’ils comptaient pour deux lettres. C’est d’ailleurs à cette période et pour cette raison (je pense) que fut inventé le langage texto qui nous a fait passer pour des abrutis devant toutes les autres générations. Je me souviens, on nous répétait constamment qu’on ne savait pas écrire et nous on n’avait rien de mieux à répondre que « quand on n’est pas à l’école on n’a pas à faire attention » (quelle maturité, je vous jure). Et dire qu’aujourd’hui je cringe devant la moindre faute… J’ai changé p*tain ! Enfin bref, revenons à nos moutons. Personnellement, j’avais la chance d’avoir un forfait qui me permettaient d’avoir les textos gratuits de 16h à 20h mais ce n’était pas donné à tout le monde, loin de là. Je sais que tu as du mal à y croire et que là tu me prends vraiment pour un dinosaure mais attends, je te parle d’un temps – que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, je cale la référence car elle est hyper adaptée – où les portables coulissants étaient les meilleurs du marché, je ne sais pas si tu réalises ! Le côté positif, c’est qu’on pouvait ghoster quelqu’un beaucoup plus facilement, c’est d’ailleurs ce qu’a fait le mec après notre premier date (eh oui les jeunes, men are trash ça ne date pas d’hier !). Mais ce n’est pas grave, je ne lui en veux pas. D’ailleurs, quand il m’a ajoutée sur Instagram et a commencé à commenter mes photos il y a quelques mois, je ne lui ai pas du tout envoyé un message lui disant que notre relation avait expiré dès lors qu’il a laissé mon émoticône (mais si tu sais, l’ancêtre des emoji, fais un effort !) en « vu ». Je plaisante bien sûr. Ben oui, à l’époque on ne pouvait pas savoir si nos messages avaient été lus ou non (d’ailleurs on ne s’en portait pas plus mal), tu t’es cru où ? Enfin bref, quand j’y repense, je suis un peu nostalgique de cette époque. C’est vrai, c’était tellement drôle. Honnêtement, il n’y avait rien qui allait. Par exemple, le summum de la mode c’était de porter une jupe PAR DESSUS son pantalon (patte d’éléphant qui plus est) ; franchement, qui a pu penser que c’était une bonne idée ?! Mais bon, il ne faut pas renier d’où on vient, d’autant que je suis persuadée que j’aurai honte de ce que je suis présentement dans quelques années. Du coup, si tu veux, on peut se dire à dans dix ans pour un nouvel article sur une autre décennie de la honte ? Sinon, plus simplement, on se retrouve avec un autre billet la semaine prochaine ; j’espère que celui-ci t’a plu et qu’il t’a permis de te replonger – ou de découvrir – ce qu’étaient les années 2000. Soyez indulgents avec ce que vous étiez, on évolue tous avec le temps, et faites preuve d’auto-dérision, ça fera marrer les gens (enfin j’espère, sinon c’est juste ridicule) !

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona Gillard

LES ENFANTS DU VIDE SONT-ILS CONDAMNéS à ERRER SEULS ?

       Dans mes impressions favoris d’octobre (oui, ça commence à dater et oui, je répète ça au début de chaque article en ce moment comme si c’était devenu ma phrase d’accroche ; t’inquiète je vais me calmer), je te parlais des Enfants du vide, soit le dernier ouvrage de Raphaël Glucksmann. Je te disais, dans cet article, qu’il m’avait tellement plu que je voulais t’en faire une revue ; eh bien, des mois après, la voici enfin (#jamaistroptard comme diraient les politiques à propos de la planète) !

      La première fois que j’ai entendu parler de cet auteur, c’était lorsqu’il a été invité par Quotidien (don’t judge me please) pour parler du livre qu’il venait à l’époque de sortir, soit les Enfants du vide. Il m’a interpellé à cette occasion parce que, pour la première fois depuis longtemps, j’ai été d’accord avec l’ensemble des propos qu’il a tenu sur le plateau – où il a abordé le sujet de la transition écologique et le fait que ce n’est pas les actions individuelles qui allaient changer les choses mais les collectives et celles engagées par le gouvernement. J’ai donc eu envie de m’intéresser au bonhomme. Pour te résumer rapidement le personnage, Raphaël Glucksmann est un essayiste français, fils de philosophe, qui s’intéresse aux problèmes de société. Il a par exemple participé à la réalisation d’un documentaire sur le Rwanda lorsque des massacres y avait lieu il y a quelques années et a été très proche de B(a)enoit Hamon lors de la campagne présidentielle de 2017. C’est donc globalement un mec bien, malgré quelques points un peu sombres que tu pourras retrouver dans sa biographie si le coeur t’en dit. Bref, ce n’est pas le sujet.

     Quelques jours après son passage chez Yann Barthes, j’ai donc été acheter son livre (qui coûte une blinde by the way). Ce dernier se veut critique envers les politiques libérales, qui ont été développées dans les pays occidentaux puis étendues sur le reste du globe, qu’il voit – à raison selon moi – comme un « échec grandiose ». Il les accuse d’avoir non seulement provoqué la catastrophe écologique à laquelle nous devons désormais faire face mais également d’avoir engendré une rupture des liens sociaux au profit de l’individualisme, tuant ainsi la notion de démocratie. Je t’en dis plus ?

      Pour résumer, dans son ouvrage, Raphaël Gluckmann constate qu’avec le temps, on a arrêté de se préoccuper des intérêts communs – qui sont pourtant l’un des fondamentaux nécessaires pour que la démocratie telle que nous l’avons conçue soit efficace – pour devenir des personnes égoïstes qui ne se soucient de personne d’autre que nous-même. Il aborde le fait qu’aujourd’hui, la plupart des citoyens « voient dans chacun de leurs dollars une confirmation de leur génie et dans la misère de leurs concitoyens la preuve de leur fainéantise » ; en bref, on considère que chacun est responsable de sa réussite ou de son échec, de sa richesse ou de sa pauvreté. Pourtant, ce mode de fonctionnement est problématique car « il ne peut y avoir de démocratie stable sans capacité d’appréhender l’autre comme un alter ego » puisqu’ « un système dans lequel chacun co-décide de l’avenir de tous suppose que nous nous reconnaissions comme des égaux par-delà nos différences sociales et culturelles ». A ce moment-là, tu es sensé me demander pourquoi on ne change pas les choses si on sait qu’elles ne fonctionnent plus et c’est vrai que c’est une question légitime. Je vais donc te donner la réponse de Raphaël Glucksmann : selon lui, c’est tout simplement car ceux qui se portent bien ont peur de voir les choses changer puisque cela pourrait signifier tout perdre. Ces personnes préfèrent donc rester à l’écart du peuple qui ne s’en sort plus afin de faire comme s’ils ne savaient rien de sa détresse ; aujourd’hui, « nous quittons le moins possible notre maison ou notre appartement, commandant même nos courses ou nos repas sur Internet » par peur de faire face à l’autre. Pour reprendre les termes de Michel Lussault – comme quoi mon année de préparation de capes d’histoire-géographie n’a pas été inutile – nous sommes actuellement dans un processus d’encapsulation spatiale qui fait que notre société n’est plus qu’une multitude d’éléments disparates qui n’ont rien de commun (si ce n’est une haine de notre Président – pardon, j’avais envie de caser une référence aux Gilets Jaunes). Ainsi, nous ne comprenons plus nos voisins et sommes dans l’incapacité totale d’agir pour le bien de tous.

      En conséquence de cela, « les murs se multiplient et les ponts s’effondrent » ; une société de solitude proche de celle décrite dans 1984 – soit ma lecture du moment que je traîne à terminer par manque de temps – se développe, nous donnant l’impression d’être coincés dans l’immensité d’un désert de sens anxiogène que l’on tente d’oublier avec l’accumulation de biens matériels. Nous sommes paralysés par « l’habitude, le sentiment de normalité, la certitude que ce qui nous entoure est acquis », ce qui fait que notre société n’est plus qu’une coquille vide. En effet, « la cité qui ne s’interroge plus sur ses origines ne vit plus réellement : elle se laisse vivre, c’est-à-dire qu’elle dépérit ». Nous avons aujourd’hui « tant de problèmes à traiter que nous réagissons à l’appel des faits et oublions celui des scientifiques », notamment en ce qui concerne l’urgence écologique. Pourtant, l’écologie politique pourrait nous sauver si on daignait la prendre au sérieux, si on réalisait que la fin de notre monde est possible voire de plus en plus probable à mesure que les jours passent.

     Eh bien voilà, l’article que j’ai le plus peiné à écrire (car je ne voulais pas modifier les propos de l’auteur) est terminé. J’ai véritablement adoré Les Enfants du vide et ne peux que te conseiller de le lire pour mieux comprendre sa pensée. J’espère que tu as aimé mon article et qu’il ne t’as pas filé le bourdon en ce début d’année ; à la semaine prochaine !

 

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Fiona Gillard