PARLONS MODIFICATIONS CORPORELLES

Les lecteurs les plus anciens reconnaitront certainement des bouts de mon article sur l’exposition Tatoueurs Tatoués, publié il y a approximativement deux ans, dans la partie sur l’histoire des modifications corporelles car je m’en suis inspirée lors de la rédaction de cette nouvelle publication.

               Que vous soyez ou non amateurs de modifications corporelles, soit du fait de transformer son corps de façon réversible ou non, il y a de grandes chances que vous en ayez déjà vue au cours de votre vie. En effet, la plupart des jeunes filles ont aujourd’hui au moins les oreilles piercées et, d’après les derniers recensements, on compte que pas moins de 10% de la population française est tatouée (sachant que c’est un pays où cette pratique est assez peu développée car encore assez mal vue). C’est donc un phénomène en pleine expansion sur lequel il me semble intéressant de se pencher, d’autant plus étant donné que j’en suis moi-même une adepte qui pourra partager son expérience avec vous.

tatoueurs-tatoues-algerie-copie-690x414Photographies issues de l’exposition Tatoueurs Tatoués qui a eu lieu au Quai Branly

               Commençons tout d’abord par nous pencher sur l’origine de ces pratiques. Au départ développées par les tribus aborigènes qui s’en servaient pour marquer les membres de leur groupe, elles sont rapidement devenues un signe d’appartenance qui accompagne les hommes dans les rites de passage et les inclus dans une communauté . À l’inverse, en Occident, elles constituèrent pendant longtemps une marque d’infamie et n’étaient arborées que par les personnes de « mauvais genre » comme les criminels qui avaient été en prison ou bien les marins et membres de la piraterie, et ce jusqu’au vingtième siècle. A ce moment-là, elles deviennent de plus en plus courantes même si elles restent clandestines jusqu’à ce qu’elles fassent leur apparition dans les médias, arborées par des célébrités.

               Pour ce qui est des piercings, ces derniers ont toujours été à but esthétique. En effet, on recense des cas de cette pratique depuis le néolithique, où les Mursi, une tribu d’Ethiopie, inséraient de fins labrets au niveau de leur lèvre inférieure ou aux lobes de leurs oreilles. C’est d’ailleurs un acte qui est mentionné dans la Bible, plus précisément dans la Genèse (24 :22), où il est dit que Abraham offre des boucles d’oreilles à Rebecca, la femme de son fils Isaac. Aujourd’hui, le fait de se faire piercer est relativement répandu puisque pratiquement toutes les petites filles se font piercer les oreilles en bas âge (pour vous donner un exemple concret, mes parents ont fait trouer les miennes lorsque j’avais 2 ans et demi) et qu’on compte pas moins de 50% de la population mondiale comme étant piercée (en sachant que l’étude sur laquelle je me base ne prend pas en compte le simple trou dans le lobe). Piercings comme tatouages sont donc aujourd’hui devenus des pratiques banales et ont tendance à de plus en plus être vus comme de simples accessoires de mode, contrairement aux implants subdermiques (soit des implants en silicone qui sont placés sous la peau) qui sont, quant à eux, encore assez peu répandus.

tatouage-dermographeTatouage en cours de réalisation

                Personnellement, j’ai adopté les arts du piercing et du tatouage, dont je suis admirative depuis toujours, et compte aujourd’hui pas moins de sept modifications corporelles (4 piercings et 3 tatouages pour être précise), que je considère comme de véritables œuvres d’art. Je me désole du fait que ces pratiques soient aujourd’hui trop souvent limitées à de simples accessoires de mode et m’engage pour la valorisation de celles-ci en tant qu’art, encore plus lorsqu’elles ont une véritable signification pour ceux qui les portent. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est le cas de chacune de mes pièces, auxquelles je réfléchis longtemps avant de les faire réaliser. Pour les plus curieux, je vais maintenant vous parler de mes différentes modifications corporelles ainsi que de comment j’en prends soin au quotidien.

                Tout d’abord, pour reprendre une expression du premier tatoueur à qui j’ai fait appel, sachez que « l’aspect final de votre modification corporelle dépend autant de la personne qui la réalise que de la façon dont vous en prenez soin lors de sa cicatrisation ». Il est donc impératif de bien la désinfecter et de l’enduire de crème au moins deux fois par jour le mois qui suit sa réalisation (qui doit évidemment être faite chez un professionnel qui utilise des matériaux stériles. Pour avoir réalisé mon premier piercing en festival, je vous assure que l’hygiène est primordial). Personnellement, j’utilise de la Bétadine, qui est un désinfectant vegan (vous aurez compris, avec mon dernier article, que c’est un critère important pour moi), ainsi que du Dexeryl (qui est également vegan et non-testé sur les animaux) pour hydrater et aider à la cicatrisation. C’est un combo qui me convient bien et qui permet à ma peau de se régénérer assez rapidement – mes différents piercings ont mis un à deux mois maximum à cicatriser au lieu de six habituellement et mes tatouages mettent généralement entre deux semaines et un mois. Une fois l’étape de la cicatrisation passée, il faut continuer d’hydrater ses tatouages chaque jour (pour cela j’utilise une simple crème pour le corps) et bien nettoyer ses piercings (les miens étant sur mes oreilles, je les lave à chaque shampoing avec du savon au pH neutre pour éviter les odeurs et les infections). Après tous ces conseils, voici un aperçu de mes différentes réalisations, le tout dans l’ordre où je les ai effectuées :

  • Mes piercing aux lobes (x4 dont 2 stetchés en 10mm)

               Comme je vous l’ai dit précédemment, mes parents ont fait piercer mes lobes dans une bijouterie (c’est mal car ce ne sont pas des professionnels et que les bijoutiers utilisent généralement un pistolet non-stérile qui peut provoquer des infections). J’ai décidé de me faire un second trou sur chaque oreille lorsque j’ai eu quatorze ans et ai commencé à les stretcher à mes 19 ans, lors du Motocultor (ce que je ne conseille pas même si, comme moi, vous avez du désinfectant sur vous car les festivals ne sont pas un milieu sain pour une plaie ouverte et qu’il est possible qu’on vous arrache accidentellement le tunnel qui sert à écarter vos oreilles lors d’un concert). Il m’a fallu environ un an pour arriver à la taille que j’ai actuellement (10mm), qui est la taille définitive de mes écarteurs.

Prix : 25 Euros pour deux trous + le prix des différents tunnels que j’ai utilisé pour me stretcher (soit environ 15 Euros en tout)

Douleur : 1/5 pour les lobes simple, un peu plus pour le stretching (certains seuils ont été difficiles à passer, notamment le 4 et le 10mm)

  • Mon industriel

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               Mon industriel, que je considère comme mon premier « vrai » piercing, a été réalisé au Gévy de Chatelet. Personnellement, je ne le recommande pas car c’est une boutique qui prend des clients à la chaine et qui ne cherche absolument pas à te mettre en confiance. Après, leur travail est propre.

Prix : 40 Euros

Douleur : 3/5 (le premier trou ne m’a pas fait trop mal mais le deuxième énormément)

  • Mon tragus

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               J’ai fait faire mon tragus lors d’un voyage à Londres que mes parents m’avaient offert pour mes vingt ans. Il a été réalisé par un pierceur de Camden qui, en plus d’être adorable, a été tellement doux que je n’ai rien senti.

Prix : 25 Livres (soit un peu moins de 30 Euros)

Douleur : 0/5

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               J’ai fait faire ce tatouage au fantastique salon Le Phylactère, à Boulogne-Billancourt, alors que Matik y passait en tant que « guest » pour deux jours. C’est une pièce que j’adore faite par un tatoueur que j’admire depuis des années mais regrette qu’il n’ait pas plus pris son temps car il a nécessité pas mal de retouches. Par contre, je n’ai pratiquement rien senti !

Prix : 100 Euros

Douleur : 1/5, honnêtement m’épiler est plus douloureux que ça

  • Mes tatouages aux bras (réalisés par @leabrds)

    Vous n’en verrez qu’un aujourd’hui car le second est encore en train de cicatriser

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               Ces deux tatouages sont mes préférés. Pour les réaliser, j’ai fait appel à Léa qui m’a tatouée directement chez elle. Ils furent assez douloureux et longs à réaliser (environ une heure pour chacun, le tout sans pause) mais la délicatesse de Léa a rendu cela supportable, malgré l’utilisation d’aiguilles très fines qui m’ont provoquées des bleus le lendemain.

Prix : 230 Euros par pièce

Douleur : 2 à 3/5. Certaines zones ont été douloureuses  mais cela restait largement supportable

                Ainsi se termine mon article sur les modifications corporelles, que je pourrai compléter au fil de mes nouvelles réalisations si cela vous intéresse.

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Fiona GILLARD

VERS UNE VIE PLUS ETHIQUE

     Le Mahatma GANDHI était persuadé que « l’évolution spirituelle implique, à un certain moment, d’arrêter de tuer les êtres vivants que sont les animaux simplement pour satisfaire nos désirs physiques ». Cette pensée, fortement ancrée dans la culture hindoue puisque les animaux y sont vénérés et considérés comme l’égal de l’homme était assez minoritaire en occident et ce jusqu’à récemment. Dernièrement, il me semble que nous sommes en train d’assister à un changement progressif dans les mentalités, comme si nous étions en pleine période de transition au cours de laquelle l’occident commence (enfin) à comprendre que l’humanité ne pourra pas perdurer si nous ne changeons pas notre mode de vie de façon durable. Ainsi, de plus en plus de personnes s’engagent et témoignent de leurs expériences en tant que flexivore, végétarien, végétalien, vegan ou bien même d’éco-responsable. De plus, on assiste à une émergence d’articles sur les bienfaits de ces modes de vie ainsi que d’ouvrages de recettes permettant d’éviter certaines carences qui pourraient se développer à long terme, ce que je trouve extrêmement positif. En effet, si les médias commencent à parler de ces modes de vie – encore qualifié d’ « alternatifs » – ces derniers atteindront un public plus large et pourront, de ce fait, se développer à une plus grande échelle puisque pour qu’une idée soit popularisée, il est nécessaire qu’elle fasse parler d’elle. Il ne faut donc pas confondre « effet de mode » et « prise de conscience » insufflée par la médiatisation d’une idée.

     Quitte à aborder le sujet des régimes « alternatifs », autant commencer par reprendre les bases – parce que chaque définition ne parle pas forcément à tout le monde – en récapitulant ces différents régimes alimentaires et leurs spécificités. Je ne m’attarderai néanmoins pas sur ce qui concerne le port de fourrure, de laine, ou encore de cuir ou bien l’utilisation exclusive de produits « cruelty-free » (littéralement « dénués de cruauté ») car il me semble que chacun fait en fonction de ses convictions et de ses moyens ; il ne me parait donc pas choquant qu’un flexivore refuse de porter du cuir tandis qu’un végétalien n’ait pas de problème à porter de la laine (Coline et Didi en ont d’ailleurs parlé suite à de multiples critiques qu’ils ont reçu, je ne peux que vous conseiller de regarder leurs vidéos qui incitent à la tolérance et au respect des convictions de chacun).

  • Omnivore : se dit d’une personne qui mange « normalement » selon les critères actuels, c’est-à-dire qui consomme des produits issu de l’exploitation animale sans modération ;
  • Flexivore : se dit d’une personne qui a décidé de réduire sa consommation de viande et de poisson sans arrêter d’en manger complètement ;
  • Végétarien : se dit d’une personne qui a décidé de ne plus consommer de viande et de poisson ;
  • Végétalien : se dit d’une personne qui a décidé de ne plus consommer aucun produit animal ou issu d’un de ces derniers, ce qui signifie qu’elle ne consomme plus de viande, plus de lait, plus de miel, de beurre etc ;
  • Vegan : se dit d’une personne végétalienne qui a décidé, en plus de la modification de son alimentation, de changer son mode de consommation en n’achetant plus aucun produit ayant nécessité l’utilisation d’un élément animal comme des chaussures en cuir, des produits utilisant de la colle contenant de la graisse animale etc.
Zoodles with mushrooms

Nouilles aux champignons et à la courgette, le tout agrémenté de basilic

     Ces différents régimes qui, comme vous l’avez compris, sont assez variés et impliquent tous de renoncer plus ou moins radicalement au mode de vie avec lequel nous avons grandit – le tout pour des raisons politiques ou tout simplement éthiques – est encensé par les experts. En effet, de multiples études (qui ont évidemment été ignorées puisqu’une partie de la population préfère s’empoisonner en allant dans des fast-foods tous les deux jours par flemme de cuisiner plutôt que de changer très légèrement son mode de vie pour vivre plus longtemps) ont prouvées que manger de la viande trop régulièrement était très mauvais pour le corps humain et que cela augmente le risque de maladies cardiovasculaires mais également de cancer du sein pour les femmes. De plus, il faut prendre conscience que ces modes de vie permettent une relative récupération de l’espace qui devient de plus en plus difficile à trouver au vu de l’augmentation constante de la population mondiale et de son envie d’accroître sa puissance (j’y consacrerai un article entier prochainement si le sujet vous intéresse, n’hésitez donc pas à me faire savoir si cela vous plairait).

     Pour ma part, j’ai passé le cap et me suis convertis – choisir un terme connoté religieux n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus approprié et risque d’attirer les réfractaires qui considèrent que tout régime « alternatif », est une secte mais le fait est que remettre en cause l’éducation alimentaire à laquelle nous avons été habituée relève plus d’une conversion que d’une simple décision prise sur un coup de tête – au cours de l’été et tente, depuis ce jour, de consommer de façon respectueuse de tous les êtres-vivants ainsi que de manière éco-responsable. Je ne consomme donc plus de viande, de poissons, minimise les oeufs et les laitages et tente d’acheter un maximum de produits locaux pour éviter la pollution que provoque l’importation. Cette transition résulte d’une prise de conscience des conditions de vie dans lesquelles sont élevés et abattus les animaux destinés à la production de denrées alimentaires ou bien d’objets du quotidien. Depuis ce jour, il m’est devenu impossible de consommer de la chair animale et très difficile d’acheter un produit issu de la souffrance de ces derniers, ce qui inclus les produits laitiers, les vêtements ou encore les cosmétiques. Cela ne m’empêche pas de cuisiner de la viande pour mes proches omnivores, simplement je refuse de participer au financement du système d’élevage et d’abattage des animaux ainsi que de consommer les restes d’un ancien être-vivant, je n’en achète donc pas et me refuse à en manger. D’autre part, j’ai décidé de limiter le port de vêtements ou bien de chaussures en cuir et laine car je pars du principe que si je refuse de manger des animaux, je ne vais pas les porter sur moi pour me couvrir. Je n’ai néanmoins pas jeté les biens que je possédais auparavant et continue de m’en servir, seulement je n’en achèterai plus – sauf dans les friperies car c’est écolo. Evidemment, pour poursuivre dans la même logique, je n’utilise plus aucun produit testés sur les animaux – ce qui est mine de rien assez difficile à trouver ; heureusement que le fantastique site maviesanscruaute.fr propose une liste très complète de produits « cruelty-free » disponibles dans le commerce – ce qui n’est pas une mince affaire puisque, pour être vendus dans certains pays comme la Chine, un produit doit systématiquement avoir été testé sur les animaux, ce qui élimine pas mal de grandes marques. De plus, certaines entreprises se donnent une image écolo et « cruelty-free » alors qu’elle appartiennent à de gros groupes qui n’hésitent pas à importer des produits qui viennent du bout du monde et à les tester préalablement sur certains animaux (je vous laisse jeter un œil à la vidéo de La Cosméthèque qui porte sur ce sujet afin d’en savoir plus et d’avoir un début de réflexion sur s’il faut continuer d’acheter leurs produits ou non). En somme, il faut être vigilant.

     Cette transition fut, pour moi, assez simple car elle s’est faite naturellement : une fois la prise de conscience faite et la nouvelle annoncée à mes proches, je n’ai plus mangé une seule bouchée de nourriture animale et ai cessé tout comportement qui ne correspondait pas aux valeurs que je défends. Je pense toutefois que je suis une exception au vu de ce que j’ai pu lire ou bien de ce que m’ont rapporté mes amis (Margaux a d’ailleurs fait une excellente vidéo sur son combat pour devenir végétarienne, tout comme La Cosméthèque qui parle quant à elle du véganisme. Si vous essayez de changer votre mode de consommation et que vous avez du mal à le faire, je vous conseille ces deux chaînes qui m’ont pas mal guidées au cours de mon propre parcours), c’est donc pour cela que j’ai décidé de consacrer l’article d’aujourd’hui aux régimes « alternatifs » qui m’ont, pour ma part, permis de vivre de façon plus éthique et plus en accord avec ma façon de penser. En effet, étant donné que ces modes de vie ont tendance à se développer, il me paraissait donc pertinent d’y consacrer quelques lignes afin de montrer quelles sont les conséquences de ces régimes sur l’homme mais aussi sur la planète lorsqu’ils sont pratiqués à grande échelle, à la fois pour informer ceux qui ne s’y connaissent pas vraiment sur le sujet mais aussi, pourquoi pas, pour motiver certains qui auraient envie de faire leur propre transition mais qui ont du mal à y parvenir.

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Fiona GILLARD

SORTIR DU SILENCE

  • Cet article est dédié à Kenny, Anthony, Radj, Hervé, Florian, Rebecca, Pauline et Soah, dont la parole me fait me remettre en question chaque jour pour devenir une personne meilleure.

           Longtemps, j’ai essayé d’écrire pour convaincre ceux qui n’étaient pas d’accord avec moi, les sceptiques comme je les appelais. Je souhaitais leur montrer la voie que je pensais la meilleure à suivre et me lançais dans des débats interminables face à des personnes qui ne partageaient pas mon point de vue et qui ne souhaitaient pas ne serait-ce qu’essayer de le comprendre. Mon but était d’éduquer la masse, car je me voyais comme un esprit éveillé qui détenait la Vérité, et je restreignais mon écriture aux sujets que je considérais comme utiles. En somme, je me forçais à rentrer dans une case, une façon de penser bien précise pour ne pas me contredire, le tout dans le but de transmettre une parole que je voyais comme salvatrice. Seulement un jour je n’ai plus pu ; je me suis rendue compte que j’étais aussi enfermée dans mes idées que ceux que je méprisais, que je limitais ma réflexion au lieu d’essayer de la développer et que je m’enfermais dans des idéaux qui ne me ressemblaient finalement pas tant que ça. Une fois cela réalisé, je n’ai plus voulu écrire, me voyant comme quelqu’un d’hypocrite qui juge les autres sans jamais se remettre en question elle-même. Je suis donc rentrée dans une phase de retrait pendant laquelle je me suis efforcée d’observer ce qui m’entourais ; je continuais de militer chaque jour de mon existence pour les causes qui m’importaient, mais en silence, loin des réseaux sociaux ou des médias en général. Au quotidien, j’observais le monde dans lequel je vivais, de plus en plus persuadée que peu importe ce que je pourrais dire ou faire, rien ne changerait. Pour moi, l’humanité courrait à sa perte et il était impossible d’inverser le cours des choses. Il ne me restais plus qu’à m’asseoir sur un banc pour observer le monde s’autodétruire en me répétant que j’ai essayé de le prévenir des dangers qu’il courait. Pour résumer, j’étais dégoûtée par la décadence de la pensée que j’observais, car j’étais toujours coincée dans un mécanisme de jugement d’autrui. Ca m’a pris du temps mais j’ai réussi à me débarrasser de ces mauvais réflexes, grâce à de fabuleuses rencontres que j’ai pu faire et qui m’ont ouvert les yeux. Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir dire que je suis sortie de ce cycle infernal : je n’émets plus de jugement. J’ai un avis qui m’est propre, qui n’est affilié à aucun parti politique ou à aucun courant de pensée en particulier et le partage avec ceux qui souhaitent m’écouter. Je n’essaye plus d’imposer mon avis et prends le temps d’écouter les autres afin de voir ce qu’ils ont à m’apporter. Soit, je suis toujours profondément dégoûtée par la société malsaine dans laquelle nous vivons mais je suis animée par l’espoir, ce grâce aux personnes que je rencontre. J’en suis désormais persuadée, un jour le monde dans lequel nous vivons changera. Les personnes qui veulent mettre un terme à cette vie qui est régie par l’argent et où une élite gouverne tout le reste de la population prendront officiellement la parole et se feront entendre. Ne renonçons donc pas à nos idées et exprimons les, toutes autant qu’elles sont, dans le respect d’autrui car « tu peux faire changer les choses, tu peux faire changer les mentalités, il ne faut pas que tu te stoppes à chaque obstacle (…) sinon ils auront gagné et tu perdras tous tes rêves de changement » (extrait d’un message d’Anthony, qui m’a soutenu pendant les moments où je n’avais plus vraiment d’espoir concernant le futur). Voici ma nouvelle ligne directrice, que j’espère que vous apprécierez.

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Fiona GILLARD