PARLONS PATRIARCAT (VULVE-GARISATION #2)

     Bon, si tu me suis sur Twitter, tu dois savoir que le premier article de ma série Vulve-garisation n’a pas fait l’unanimité, ce qui m’a pas mal affecté. Alors certes, tout le monde ne peut pas apprécier ce que je fais et il faut savoir accepter les critiques mais, d’une part, je pense qu’il est possible de s’exprimer de façon correcte et respectueuse même lorsqu’on est en désaccord avec quelqu’un et, d’autre part, au vu de ce que j’ai reçu, j’ai eu l’impression qu’on se méprenait sur mes intentions plus qu’autre chose. Je te propose donc de faire un petit point sur ce que je veux faire au sein de mon projet de Vulve-garisation avant d’aborder le sujet au programme du jour en tant que tel (tu peux passer l’encadré si tu préfères accéder directement à l’article).

     Que les choses soient claires, par le biais de cette série d’articles, je ne souhaite aucunement faire de la propagande pour les idées que je défends. D’ailleurs, il est à noter que je ne suis pas en accord avec l’ensemble des réflexions que je traite et traiterai dans le cadre de cette série, puisque son but est de vulgariser des éléments liés à la cause féminine et / ou féministe, c’est-à-dire de les rendre accessibles au plus grand nombre. Dans le cadre de cette ligne éditoriale, il me paraît donc indispensable de traiter d’un maximum d’idées existantes concernant ces sujets et ce même si je les partage pas toutes, puisque sinon cela ne serait aucunement objectif (alors que bon c’est quand même le but) et ne donnerait pas un ordre d’idée assez global, pourtant nécessaire pour aider quelqu’un·e à se faire son propre avis sur certaines questions. J’apprécierais donc qu’à l’avenir, lorsque quelqu’un souhaite débattre des idées évoquées dans un de mes articles, on me parle calmement et sans m’attaquer personnellement (parce que bon, se faire traiter de « féminazie » n’est pas ce qu’il y a de plus gratifiant au monde) puisque, comme je l’ai déjà dit, je ne défends pas toutes les idées que j’aborde. Pour finir ce paragraphe de mise au point (parce que c’est le terme à la mode sur Internet), je tiens à dire à toutes les personnes qui ont été choquées par la bannière faite par Cécile que ce n’est pas elle mais vous qui avez un problème. Une vulve n’a jamais été et ne sera jamais vulgaire, après tout sinon ce ne serait pas la première chose que vous verriez à votre naissance. Bon, après toutes ces explications, je pense qu’on est prêt·e·s à aborder le thème du jour. Here we go !

 

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     Aujourd’hui, j’ai eu envie de te parler d’un sujet qui me paraissait essentiel pour comprendre le combat féministe et les valeurs défendues par celui-ci, c’est-à-dire la notion de patriarcat. Au cas où tu n’aurais jamais entendu ce mot ou bien que tu ne saches pas réellement ce que ça veut dire, faisons le point ensemble.

     Si on cherche la définition du patriarcat dans un dictionnaire, on nous dit plus ou moins à chaque fois qu’il s’agit d’un terme politique utilisé pour qualifier une société qui a été pensée, conçue et dirigée par et pour les hommes (tu sais, pour les fameux cis-mâles qui se font chambrer sur Twitter). C’est donc, très logiquement, une société inégalitaire où les hommes (blancs et hétérosexuels plus particulièrement, puisque nous vivons dans un monde où le racisme, l’homophobie et la transphobie sont encore présents et créateurs d’inégalités) sont privilégiés par rapport au reste de la population, soit les femmes. Ici, je parle des femmes dans leur globalité pour résumer et simplifier la notion mais il ne faut pas oublier que cette oppression se fait d’autant plus ressentir par une femme qui n’est pas blanche, pas hétérosexuelle ou qui est transexuel·le, une femme qui ne rentre pas dans le schéma classique de notre société en somme. Tu l’auras très certainement compris, cette société inégalitaire, patriarcale dont je te parle, c’est la nôtre. Nous vivons tou·te·s dans un système patriarcal. Voyons tout de suite en quoi :

     Comme je te l’ai expliqué dans le premier article de Vulve-garisation, « Encore aujourd’hui, en France, à travail égal, une femme touche en moyenne 24% de moins qu’un homme. 100% des femmes ont déjà été harcelées par un homme dans la rue. Une femme sur sept se fait violer au cours de sa vie. Une femme sur cinq est battue par son mari. » (oui, je me cite pour éviter de redire les mêmes choses et de perdre du temps, y’a quoi ?). Rien qu’avec ces chiffres, on comprend qu’il y a un souci dans la société au sein de laquelle nous vivons. Néanmoins, pour ceux qui sont plus durs à convaincre, j’ai envie de balancer d’autres informations qui me paraissent essentielles pour comprendre ce qui se cache véritablement derrière la notion de patriarcat. En effet, à toutes ces inégalités officielles s’ajoutent d’autres formes d’oppressions, plus informelles, comme le fait que la société impose des diktats spécifiques aux femmes. Le premier qui me vient à l’idée est l’épilation qui, sous ses airs de pratique futile, témoigne d’un profond problème présent dans notre société. En effet, à quel p*tain de moment a-t-on trouvé cela judicieux d’imposer (car ce n’est majoritairement pas un choix) à un genre de s’épiler intégralement le corps et ce malgré la douleur et les dangers que cela provoque, soit disant pour des questions d’hygiène et de beauté, et pas à l’autre ? Alors certes, de plus en plus d’hommes s’épilent aussi désormais mais ce n’est pas pareil. Je m’explique : lorsqu’on voit un homme arborant des poils sur son torse dans la rue, absolument personne n’est choqué. Ce n’est pas vu comme quelque-chose de sale, alors que pour une femme si. Les hommes ont donc le choix de s’épiler ou non en fonction de leurs goûts, tandis que pour une femme c’est une nécessité. D’ailleurs, aujourd’hui, l’idée qu’une femme ne doit pas avoir de poils a été intériorisée par la majeure partie de la population (en même temps, c’est logique étant donnée qu’on nous matraque tous l’esprit à longueur de journée à coups d’images de corps tous lisses en nous expliquant que si l’on est pas comme ces derniers, c’est qu’on a un problème). On ne se pose même plus de questions à ce sujet, c’est juste la norme. Ca a des effets que je juge catastrophiques, comme le fait que la petite de quatre que je garde me demande si je peux lui raser les jambes car elle avait honte de ses « poils » (comprendre de son duvet de petite fille). C’est tellement navrant. Après, ça peut sembler évident que notre société revête cette forme à force de diffuser des publicités pour les ustensiles d’épilation où les femmes qui s’en servent le font même si leurs corps sont déjà dénués de poils. D’autre part, il faut bien comprendre que cette idée contribue à la persistance du culte de la jeunesse, dont je parlerai une autre fois car là je suis en train de m’égarer. Reprenons. En terme d’oppressions informelles (parce que c’était quand même le sujet avant ma longue digression), on peut également parler de tout ce qui atteint aux menstruations et à la contraception. Eh oui, je pense que tu n’es pas sans savoir que les règles sont aujourd’hui un tabou (étrange, d’autant plus quand certains font des omelettes avec celles des poules #tâcle2végane) et qu’on incombe généralement aux femmes de les cacher alors qu’elles sont parfaitement naturelles.

     De plus, et là pour le coup j’ose donner mon avis et dire que c’est scandaleux, serait-il possible de rappeler que, dans lesdits produits, il y a des éléments non-adaptés à la flore vaginale, ce qui peut causer des irritations voire des maladies telles que le choc toxique (je te laisse te renseigner là-dessus. Tu peux notamment aller voir cette vidéo qui explique de façon simple ce que c’est) et que tout le monde s’en fiche ? Pour finir avec mon exemplier (le capes m’est monté à la tête, vais-je redevenir normale un jour ?), est-ce que quelqu’un a déjà remarqué que les seules pilules contraceptives disponibles dans le commerce sont pour les femmes et ce alors qu’elles entraînent régulièrement des changements de poids, des sautes d’humeurs ou encore des maladies ? Pourtant, une pilule pour homme a été développée, elle est très efficace mais a été retirée de la vente car elle pouvait éventuellement causer des maux de tête. «Si ces compagnies étaient dirigées par des femmes, ce serait totalement différent» affirme le professeur Herjan Coelingh Bennink.

     Tu vois où est le problème maintenant ? Outre les inégalités dans les lois, il en existe de multiples formes plus discrètes, contre lesquelles les militantes féministes considèrent qu’il est tout aussi nécessaire de se battre pour changer le système. Alors, certes, le man spreading n’est peut-être pas le problème le plus urgent à régler (je n’ai pas choisi cet exemple au hasard, mais parce que c’est la remarque que j’entends le plus au sein de mon entourage qui affirme qu’il y a « plus urgent »), mais il faut bien commencer quelque-part, non ? J’espère que cet article a pu t’apprendre des choses et que, grâce à lui, tu réussiras à faire preuve d’esprit critique face à certaines normes ou situations. A bientôt pour un prochain épisode des Vulve-garisations, n’hésite pas à me dire ce que tu voudrais y voir abordé en commentaires !

 

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Fiona GILLARD

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JE TE RACONTE LE CAPES

     Au moment où j’écris ces lignes, j’ai passé l’intégralité des épreuves d’admissibilité du capes (au moment où toi tu les lis, elles sont passées depuis un peu plus d’une semaine). P*tain ce que ça fait du bien ! Je t’avoue que j’ai encore un peu de mal à y croire mais ça y est, le concours pour lequel j’ai bossé pendant toute mon année scolaire est terminé (enfin il reste les oraux – si tant est que j’ai réussi mes premiers examens. Jette un oeil à cet article si tu es perdu·e). Pour être honnête avec toi, ça n’a pas été si horrible que ce que j’avais imaginé. Avec le stress, je m’en étais fait toute une montagne et pensais que toute ma vie allait se jouer sur ces deux épreuves mais, finalement, ça a été. Pour être franche, je ne sais pas si j’ai réussi ou non mais je suis sortie de ces examens avec la certitude que j’ai fait de mon mieux et ai été jusqu’au bout, ce qui est déjà pas mal au vu de tout ce que j’ai traversé cette année. Du coup, après ces journées épuisantes d’examens, je voulais revenir vers toi pour compléter l’article sur mon année de préparation du capes – soit le concours pour devenir prof – en te racontant comment se sont passées les épreuves :

     Tout d’abord, faisons un point. Cette année, en histoire-géographie, les thèmes au programme étaient « La France des marges », « L’Afrique du Sahara au Sahel à la Méditerranée », « Le tourisme et les loisirs », « Sciences, techniques, pouvoirs et sociétés entre le XVe siècle et 1789 », « Le Moyen-Orient de 1876 à 1980 » et « Famille et société dans le monde grec et à Rome du Ve au IIe siècle ante Christum ». J’avais clairement une préférence pour la question concernant la géographie de la France et l’histoire moderne, malheureusement ces thèmes ne sont pas tombés lors des épreuves. Enfin si, l’épreuve deux (qui consiste en un commentaire de documents suivi d’une préparation de cours pour un niveau spécifique du secondaire) portait sur la France des marges, ce qui m’a permis de réaliser plusieurs des magnifiques croquis que j’avais préparé (il fallait me suivre sur Instagram pour voir l’avancement de mes croquis). Quant à l’épreuve une (qui consiste en une dissertation), elle portait sur l’histoire antique, soit ce que je redoutais le plus. Les sujets qui sont tombés étaient les suivants :

  • Epreuve 1 : « Famille et prestige dans le monde grec et à Rome, Ve – IIe siècle ante Christum »
  • Epreuve 2 : « Les Départements et Régions d’Outre-Mer français, entre marginalité et intégration »

     Je pense que ça aurait pu être pire, même si j’ai un peu dramatisé sur le moment (cf. mes tweets post-épreuves où je me plaignais des sujets). Franchement, même l’histoire antique (que j’ai pourtant énormément redoutée) n’a pas été si catastrophique que ça. J’ai réussi à traiter l’ensemble des sujets dans leur intégralité, il ne reste plus qu’à voir si je l’ai bien fait ou non. Au moins j’ai essayé. A titre personnel, je ne sais absolument pas ce que vont donner les résultats et préfère ne pas faire de prédictions même si une partie de moi commence (enfin) à y croire. Au pire, si j’ai échoué, je deviendrai professeure contractuelle le temps de passer le capes en interne. Je n’ai pas plus envie de me prendre la tête. Surtout maintenant que le plus gros est passé.

     Concernant le déroulement des épreuves en elles-mêmes, parce que je suppose que c’est à ça que tu t’attendais quand tu as cliqué sur cet article visant à « raconter le capes », disons que c’était plutôt amusant. Devant le bâtiment et en entrant dans les salles, les différents candidats semblaient se toiser mutuellement en espérant voir qui allait ou non réussir les épreuves. C’est dans les moments comme celui-ci que j’ai envie de dire aux gens qui m’entourent que c’est une preuve de plus que nous sommes tous pareils, que nous sommes tous des animaux (#antispécisme). Bref. Autant te dire que moi, en pantalon large et t-shirt confortable, je ne devais pas faire bonne impression (pourtant, à titre personnel, j’étais déjà fière d’avoir pris le temps de me maquiller et d’avoir quitté mon jogging, qui était devenu comme une seconde peau pendant ma période de révisions). Une fois installé à la place qui nous avait été attribuée, chacun préparait ses copies en attendant le fatidique début d’épreuve. Celui-ci était annoncé par une voix qui parlait à travers un micro, ça m’a surprise. Avant d’annoncer le départ de l’examen, elle rappelait l’ensemble des règles du concours d’une façon qui, à mon sens, ressemblait à l’annonce du début d’un Hunger game. D’ailleurs, je n’ai pas su réprimer un rire la première fois que je l’ai entendue (la honte, tout le monde m’a regardée. Je pense qu’à ce moment-là je suis devenue pour toutes les personnes qui m’entouraient LA candidate qui allait rater les épreuves pour cause d’immaturité ou je ne sais quoi d’autre), c’était sûrement à cause du stress. Ensuite, comme tu peux te l’imaginer, l’épreuve a commencée et là, pendant cinq heures, j’ai planché sur le sujet en essayant de recracher le plus d’informations ingérées au fil de l’année. C’est un moment particulier où tu ne réalise pas encore que ça y est, le jour j est arrivé. A titre personnel, j’étais focalisée sur ma copie, je ne pensais plus qu’à ce que j’allais produire et rien ne pouvait me déconcentrer. Enfin si. D’ailleurs, c’est le moment où je vais te donner un conseil VRAIMENT précieux : si tu passes un examen important dans une grande salle comme celle de la Maison des Examens (Arcueil rpz), apporte des p*tains de bouchons d’oreilles. Sérieusement. Tu n’imagines pas à quel point le bruit d’une petite centaine de personnes en train d’écrire, de colorier ou encore de tourner une page peut faire. C’est vraiment perturbant. Vraiment. Encore plus quand, au bout de deux heures d’épreuve, les premiers candidats commencent à sortir de la salle avec une mine complètement dépitée et que toi, pauvre petite chose compatissante, tu ne peux t’empêcher de relever la tête pour voir si certains de tes amis font partie du lot (parce que l’empathie est relative lors d’un concours). Très franchement, il faut absolument penser à apporter des bouchons d’oreilles (après peut-être que je suis juste une fragile mais dans le doute je te conseille de m’écouter), si ce n’est des oeillères (là je déconne, même si une part de moi pense que ça pourrait être une bonne idée).

     Une fois le temps imparti terminé, tu poses ton stylo, remets ta copie, ranges tes affaires et rentres chez toi. Pfiou. Finalement, tu réalises que ce n’est qu’un examen comme les autres. Que rien si ce n’est sa finalité ne le différencie des partiels que tu as pu passer auparavant. Ok, il est peut-être très important pour toi mais, dans les faits, ce n’est qu’un examen. Je tenais vraiment à te le dire car je l’ai réalisé trop tard et que, peut-être, si je l’avais su avant, je me serais moins prise la tête. Si tu passes un concours, n’importe lequel, vas-y et donne toi à fond, mais ne te mets pas trop de pression. Ne pense pas que toute ta vie va se jouer dans cet examen car, au fond, tu sais que tes capacités ne te résument pas à une note. Fais les choses bien mais sans te ruiner la santé ou le mental car, si tu commences à paniquer, tu vas perdre tous tes moyens. Prends du recul et ça va bien se passer (message aux éventuels correcteurs qui passeraient par ici : tu as vu comme je suis mûre ? A mon avis, ça veut dire que je suis en train de devenir une adulte et que, à ce titre, il faut me donner mon capes. Après je dis ça je ne dis rien). Bon courage pour tes éventuels examens et à la semaine prochaine pour un nouvel article !

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Fiona GILLARD

SIX MOIS

A toi, en te souhaitant à bientôt

     « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé », disait Lamartine dans son poème L’Isolement, publié en 1820 dans ses Méditations poétiques, qui traite de sa peine et sa souffrance suite à la perte de son amante. Il y explique que, sans elle, toute la beauté du monde ne représente plus rien pour lui, qu’elle n’est plus que vacuité (franchement, va le lire, il en vaut la peine. Il dépeint la souffrance d’une façon magnifique). C’est un texte qui me parle particulièrement ces derniers temps et j’ai eu envie d’en discuter avec toi cette semaine. N’hésite pas à me dire dans les commentaires si ce genre d’articles, plus personnels, te plaît.

     Remettons les choses au clair. Loin d’avoir perdu mon bienaimé, je me le suis vu arraché le temps d’un semestre (je l’ai évoqué juste ici). Six mois (environ parce qu’il ne sait pas encore quand il rentre exactement, ce qui est TRES frustrant). Peut-être penses-tu que c’est court, surmontable, mais personnellement, combiné au stress du capes (OH MON DIEU CA Y EST, J’AI PASSE LES ECRITS !!), ça me donne l’impression d’imploser. En ce moment, mes journées sont la plupart du temps consacrées aux révisions du concours (oui parce qu’après les écrits viennent les oraux, je t’en ai déjà parlé) et, le reste de celles-ci, je suis affligée par le manque. Pour être très honnête avec toi, j’ai l’impression que toutes les activités du monde ne suffiront pas à me décrocher autre chose qu’un sourire de façade car, au fond de moi, même si je passe de bons moments, il y a en moi une phrase qui résonne et que je peine à de plus en plus à taire à mesure que les jours passent. Sans cesse, je me dis que tout serait tellement mieux, tellement plus savoureux, s’il était là avec moi. J’y pense constamment. Je ne pensais pas que quelqu’un pourrait autant me manquer. Est-ce que c’est parce que c’est l’homme que j’aime ou bien serait-ce la même chose pour un de mes amis (je me pose beaucoup cette question en ce moment étant donné que certains de mes meilleurs amis sont amenés à partir l’an prochain. Coucou Corentin) ?

     Bon, je vais te rassurer parce que je ne veux pas que tu t’inquiètes pour moi. Ne doute pas que je vis tout de même de très beaux instants en ce moment, simplement ils n’ont plus, pour le moment, la même saveur que ce qu’ils ont pu avoir auparavant. Je pense, par ailleurs, que cette sensation d’être incomplète (le terme n’est pas vraiment adapté mais je n’ai pas trouvé mieux alors je vais m’en contenter) ne partira pas avant son retour. C’est donc cela l’amour ? Un brasier qui peut réchauffer ton coeur comme le brûler au point d’annihiler tout le reste ? C’est à la fois fascinant et effrayant. Puis-je pouvoir continuer d’en chanter les louanges.

 

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Fiona GILLARD

JE LANCE MES FAVORIS (MARS)

     Sur Twitter, je t’ai demandé si ça te tentais que je fasse chaque mois une revue de mes favoris, soit un récap de ce que j’ai apprécié dans le mois, le tout plutôt axé sur mes coups de coeurs culturels et lifestyle (je sais, dit comme ça ce n’est pas très parlant mais tu vas comprendre en lisant l’article Enfin j’espère). Avec ça, j’essaierai de rajouter un petit bilan personnel de la période afin de partager avec vous quelques-uns de mes bons moments. Je pense faire un test de quelques mois et, si tu accroches au concept, je continuerai. Du coup, n’hésite pas à me faire part de ton ressenti pour que je continue (ou non) cette catégorie. Commençons.

     La vague de froid qui a eu lieu en début de mois, laquelle s’est pour moi accompagnée d’une maladie pas piquée des hannetons, n’a pas suffit à gâcher le début de mon mois de mars. Le premier, j’ai fêté mes vingt-deux ans. A cette occasion, mon meilleur ami et moi avons organisé une fête avec tous nos amis, lesquels m’ont bien trop gâté avec des tonnes de cadeaux plus cools les uns que les autres. Je n’ai pas spécialement envie d’étaler ici l’ensemble des présents que j’ai reçu, tout simplement parce que je n’ai pas spécialement envie de transformer cet article en What I got for my birthday (c’est un type de vidéo YouTube. Si tu ne connais pas c’est que tu ne regarde pas assez de YouTubeuses beauté, je ne suis pas habilitée à te dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose), mais sache que j’ai été vraiment touchée par tout cet amour de la part de mes proches, lesquels ont nourri mes passions pour la littérature, l’art, l’histoire, le cocooning et les Funko Pop. Concernant le cadeau de mes parents, je risque de t’en parler cet été (t’as vu comme je maîtrise l’art du teasing ?), alors pour l’instant no spoiler.

     Suite à cela, j’ai passé la majeure partie de mon mois à réviser pour le capes, dont les écrits auront lieu les 3 et 4 avril (je ne vais pas m’étendre plus là-dessus parce que je te spam déjà à ce sujet dans mes articles, sur Twitter et Instagram), ce qui s’est soldé par des journées entières à la bibliothèque universitaire (comme toujours). Pendant ce temps de révisions, j’ai écouté beaucoup de musiques Lofi, qui est un genre musical plutôt posé et parfait pour se concentrer. D’ailleurs, je t’ai fait une playlist de mes favorites sur mon compte SoundCloud, si jamais tu veux t’initier au genre ou bien juste voir la bande-son qui a bercée mon mois. En dehors de cela, j’ai foulé le bitume au rythme de musiques plus urbaines comme celle-ci (écrite, interprétée et filmée par le frère d’un de mes meilleurs amis). Je me suis aussi laissée embarquer dans une phase de nostalgie des années 2000, ce qui m’a valu d’écouter les chansons de ma « Playlist des chansons (nulles) des années 2000 » (ne me juge pas).

     Je te parle de révisions mais m’autorisais quand même à sortir le soir pour décompresser, ce qui se soldait notamment par aller rendre visite à mon presque-coloc (parce que je ne vis pas chez lui mais c’est tout comme). La plupart du temps, quand on se voit, on regarde des séries ou des films et ce mois-ci, je lui ai fait découvrir The 100 (et ce juste avant la sortie de la saison 5, je suis si maligne). Cette série, disponible sur Netflix, est une science fiction passionnante qui est devenue une de mes oeuvres coup de coeur. Pourtant, au tout début, j’avais du mal à accrocher, mais la série gagne en intérêt et en puissance au fil du temps. Très honnêtement, je ne peux que te conseiller de la regarder, en te prévenant que les cinq premiers épisodes font très teenage mais qu’ensuite ça devient plus adulte et bien plus réfléchit (je te jure, même mon meilleur pote – qui est assez difficile – est à fond et pousse des cris à faire peur aux mamies à chaque plot-twist). C’est une oeuvre qui a un petit air de  Lost (que je compte bien montrer à mon presque-coloc un de ces jours). Parallèlement à ça, j’ai aussi essayé de reprendre la lecture (parce que oui, je n’ai pas lu un seul livre qui ne soit pas en rapport avec mes cours de toute l’année scolaire. C’est déprimant) et d’attaquer l’ouvrage Les Certitudes du doutes, écrit par une autrice que j’affectionne tout particulièrement, soit Goliarda Sapienza. Je ne l’ai pas encore terminé alors je ne t’en ferai pas la revue ici mais c’est une valeur sûre que je te recommande, comme tous les ouvrages de l’autrice d’ailleurs. Petite parenthèse pour les éventuels parents de jeunes enfants qui me liraient, j’ai également eu l’occasion de lire l’intégralité des ouvrages Les p’tites poules aux petits de deux et quatre ans que je garde et c’est un pur bijou. Chaque tome est indépendant et raconte des histoires drôles que les plus petits apprécient (je dirais que le public visé peut facilement aller de deux à huit ans). De plus, ils glissent nombre de références culturelles (à Munch et Diogène par exemple) vraiment sympathiques qui peuvent permettre d’intéresser les enfants à des sujets variés.

     J’ai aussi eu envie de partager avec toi les contenus Internet que j’ai particulièrement apprécié ce mois-ci. Je te les donne en vrac et te laisse piocher ce qui t’intéresse. Tout d’abord, sur YouTube, j’ai passé pas mal de temps à écumer les chaînes d’Antastesia, une féministe végane qui prépare l’agrégation de lettres et parle de sujets philosophiques et éthiques, de François Calvier, un vloggeur qui partage ses expéditions en pleine nature et montre des astuces de survie, ainsi que de Vénus Green, une écologiste minimaliste qui se prépare à emménager dans une Tiny House (J’ADOOORE ce concept de vie. D’ailleurs je compte t’en parler bientôt sur ce blog, stay tuned) avec son copain. J’ai aussi eu de véritables coups de coeur pour les fictions YouTube Hero de Mathieu Sommet et, dans un autre style, 3eme Droite, qui est une série publiée sous forme de threads Twitter par François Descraques.

     Côté documentaires, j’ai visionné pas mal de productions, notamment celles qu’avaient conseillé Eva les petits plats et Natureli dans leurs vidéos. Comme toujours, cela m’a permit de m’informer sur des sujets qui m’intéressent comme la condition animale ou encore l’état de notre planète. Pour finir sur une note plus légère, j’ai également mainte fois regardé le clip vidéo qui illustre désormais « Les Passantes », une musique de Georges Brassens, sortie à l’occasion du 8 mars 2018, soit lors de la Journée Internationale de Lutte pour les Droits de la femme.

     Et voilà, j’ai partagé avec toi quelques-uns de mes « favoris » du mois. Désolée, je n’ai pas vraiment eu le temps d’aller voir des expositions ou des films au cinéma avec l’approche du capes. Je rectifierai ça dans les prochaines éditions parce que c’est un objectif que je me suis fixé pour 2018 (c’est plus ou moins le concept de « bouffer de la culture » instauré par Solange te parle l’année passée, tu peux aller jeter un coup d’oeil si tu es intrigué·e). A part ça, j’ai passé un mois globalement sympathique, même si l’arrêt de ma pilule a pas mal influé sur mon moral à certains moments (j’en parlerai peut-être un jour, ou pas. Dans le doute, je te laisse la vidéo de Sophie Riche à ce sujet car elle explique très bien ce que j’ai ressenti). Bref, il va être temps de se quitter. Comme je te l’ai dit en début d’article, je serais curieuse de savoir ce que tu penses de ce genre d’articles car je suis encore un peu sceptique quand à l’utilité de ce genre de billets. Passe une belle fin de mois et rendez-vous en avril pour la prochaine édition de mes favoris (et la semaine prochaine pour un nouvel article, tu commences à le savoir je pense).

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Fiona GILLARD

A L’APPROCHE DU CAPES, FAISONS LE BILAN

     Au moment où j’écris ces mots, le concours pour lequel j’ai travaillé toute l’année approche à grands pas. Pour être plus précise, dans moins de trois petites semaines, j’aurai terminé toutes les épreuves écrites du capes d’histoire-géographie et serai en attente des résultats pour savoir si j’ai le droit de passer les oraux ou non. Si c’est le cas et que je les réussis, je deviendrai alors professeur stagiaire à compter de la rentrée scolaire prochaine. Si tu savais comme je stresse. Je vais donc essayer de relâcher la pression le temps d’un article, lequel aura pour but de dresser le bilan de cette première année de Master MEEF. Si jamais un·e futur·e étudiant·e de cette filière passe par ici, lis ce billet pour avoir une idée de ce qui t’attends mais surtout ne panique pas d’avance : ça va bien se passer. Il faut juste s’accrocher.

 

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Petit aperçu de ce qu’a été mon année de préparation, soit des journées entières à la bibliothèque

 

     Bon, commençons. Je vais être tout à fait franche avec toi, cette année je me suis mis énormément de pression (tellement que j’ai hésité à écrire en majuscules pour accentuer le côté gargantuesque de la chose), ce qui m’a valu un burnout. On A-D-O-R-E. D’ailleurs, merci à toutes les personnes qui m’ont soutenue au cours de cette période difficile.

     Si j’ai autant paniqué, c’est parce que j’en suis à un stade de ma vie où j’ai grandement besoin d’indépendance. Je veux me construire en tant qu’adulte, emménager dans mon propre appartement (normalement tu es déjà au courant puisque je te parlais de mon envie de vivre avec bae dans cet article – faut suivre un peu!) et de voler de mes propres ailes, pour le dire de façon naïve et clichée. Le souci, c’est que je ne pourrai pas le faire tant que je ne serai pas dans la vie active. Oui, car une année de préparation au capes, c’est une année tellement intense et chargée qu’il est presque impossible d’avoir un emploi à côté (enfin si, mais pas assez d’heures pour pouvoir payer un loyer, des charges et de quoi manger). A titre personnel, j’avais un nombre si important d’heures de cours que j’ai dû lâcher mon boulot de surveillante. J’y ai été contrainte puisque aux heures de cours s’ajoutent les révisions, ce qui représente vraiment beaucoup de travail. Mes amis pourront te le confirmer (d’ailleurs mon correcteur l’a fait lors de sa relecture), cette année j’ai littéralement vécu à la bibliothèque universitaire. D’autant plus lorsque, à cause de mon burnout, aller en cours me rendait littéralement malade ce qui fait que je me réfugiais dans les révisions, le tout entourée de mes amis pour ne pas trop paniquer (à ce propos merci les gars).

     Du coup, je ne vais pas te mentir, cette année a été une des plus dures de ma vie niveau boulot (pourtant j’ai fait une hypokhâgne, c’est pour dire). La charge de travail (très) importante qui nous est imposée pour réussir le concours est difficile à gérer, d’autant plus quand on y ajoute (et ce n’est pas à négliger) la nécessité de valider les différentes matières pour pouvoir passer en seconde année de Master (surtout quand cela implique de réussir l’équivalent de l’Enfer sur Terre, soit les concours blancs). Ça a été dur, aussi bien moralement que financièrement. Encore plus quand mes camarades concurrents (#EspritConcours) et moi-même avons apprit qu’une partie des places allait être supprimée. Plusieurs fois, j’ai hésité à abandonner pour redevenir surveillante dans mon ancien lieu de travail que j’adorais. Parce que oui, clairement, ne pas gagner d’argent ou presque pendant un an c’est difficile à vivre. Certainement encore plus pour moi puisque je travaille depuis mes dix-sept ans et que, même en prépa, j’avais réussi à aller en cours la semaine et bosser en maison de retraite le week-end (qui a dit que les étudiants étaient des feignasses déjà ?). Le côté positif, c’est que j’ai survécu (non sans mal), notamment grâce au soutien de mes amis. Reste plus qu’à réussir ce p*tain de concours.

     Mais du coup, tu dois te demander ce qui va se passer pour moi si jamais j’échoue, je me trompe ? Honnêtement, je n’en ai aucune idée. Il est fortement possible que je postule à des postes de professeure contractuelle ou bien de surveillante puisque, au bout de cinq ans d’expérience à l’un de ces deux postes, il est possible de passer le capes en interne (lequel est bien plus simple à obtenir) et de devenir titulaire. Cette solution pourrait me convenir, puisqu’elle me permettrait de commencer à travailler, même si c’est de façon légèrement précaire, et d’être indépendante. Après, je ne cache pas qu’il serait mieux et surtout plus simple pour moi d’obtenir le capes directement cette année, mais on verra bien. Sinon, si tant est que je trouve un·e directeur·rice de recherche, je ne suis pas contre faire un Master Recherche en histoire voire en géographie, d’autant plus qu’il y a nettement moins d’heures de cours qu’en MEEF (j’ai quand même la majorité de mes amis qui, étant en Recherche, ont six heures de cours par semaine contre presque une trentaine en ce qui me concerne), ce qui me permettrais de travailler en plus de mes cours.

     Pour conclure (parce qu’il est temps de retourner réviser ce p*tain de concours), tenir le rythme du Master MEEF demande de gros efforts et des sacrifices. Après, je pense qu’arriver à la fin de l’année scolaire sans abandonner est déjà une petite victoire et, surtout, un premier pas vers la réussite du concours car – pour reprendre les mots d’un de mes professeurs – il n’y a pas de meilleure façon de réussir le capes que de tenter sa chance. Il faut persévérer, aller aux épreuves malgré la peur et l’impression qu’on ne va pas y arriver, donner tout ce qu’on a et ne pas se laisser décourager. Mon conseil aux futurs étudiants qui tenteront le Master MEEF est donc le suivant (il est valable pour l’ensemble des étudiants amenés à intégrer un cursus difficile) : va à ton rythme. Si jamais tu as besoin de temps pour toi parce que la pression est trop forte, n’hésite pas à t’écouter. Encore plus si c’est pour t’y remettre de plus belle après. Aller, courage à la relève, moi je vais passer mes écrits (Gosh j’espère que ça va bien se passer). Je te tiens au courant de ce que ça aura donné dans un prochain billet !

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Fiona GILLARD

C’EST QUOI LE FEMINISME ? (VULVE-GARISATION #1)

     Merci à Sibylle et Clara qui m’ont aidée à reprendre l’ensemble de cet article point par point afin qu’il soit le plus complet possible. Gratitude infinie à elles et à Cécile Alvarez, qui a réalisé la magnifique bannière qui illustrera l’ensemble des Vulve-garisation. Allez sur son Instagram pour voir son travail ou lui passer une commande.

 

     Je suis énervée. Une de mes amies se fait emmerder sur Twitter parce qu’elle est féministe. Je suis d’autant plus énervée par le fait que, parmi les personnes qui la malmène, il y ait d’autres femmes. Merde, quoi. Tous les films « girly » nous vendent les bienfaits de la solidarité féminine et ce depuis notre enfance et pourtant certaines ne sont toujours pas capable de l’appliquer. C’est navrant. Entre ça et le dérapage complet de Gaëlle Garcia Diaz la semaine dernière, j’ai vraiment l’impression que tout le monde n’a pas encore les bases. Puisque c’est comme ça, aujourd’hui, on va parler féminisme. Sache que c’est le début d’un nombre assez conséquent d’articles vulgarisateurs, les vulves-garisations, sur le sujet alors prends des notes et abonne-toi à la Newsletter pour ne pas rater les prochains billets. Aussi, tu peux me suivre sur Twitter et Instagram pour avoir des infos quotidiennes sur les articles et projets à venir en plus de pas mal d’exclusivités.

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     On va commencer en douceur avec une définition digne de la page Wikipédia sur laquelle tu as pompé le contenu de ton dernier exposé, le tout à ma sauce. Etre féministe, ce n’est pas un gros mot – contrairement à ce qu’on peut essayer de nous faire croire. C’est tout simplement le fait de vouloir l’égalité entre les genres. C’est un engagement politique qui est intimement lié aux luttes pour l’égalité raciale et pour les droits des LGBTQ (Lesbiennes, Gays, Bisexuel·les, Transexuel·le·s et Queer – j’aimerais bien parler de la notion de queer mais ce sera pour une autre fois). Je vais essayer d’être plus claire. Pour résumer, le féminisme est une lutte qui a pour but de parvenir à l’égalité de l’ensemble des individus, ce qui passe par l’égalité des droits indépendamment de la classe et race sociale, la liberté de disposer de son corps comme on le souhaite (droit d’avorter, de coucher avec qui bon nous semble sans être mal jugée, d’avoir une sexualité autre qu’hétérosexuelle, d’afficher son corps sur les réseaux sociaux, etc), la parité politique soit l’accès aux postes de pouvoirs et la fin des violences faites aux femmes (j’y reviens plus loin avec des chiffres précis). Au vu de notre société actuelle, il se traduit par une lutte du genre féminin contre un système qui a été pensé par et pour des hommes (on appelle ça le patriarcat, cette notion sera abordée en détails dans un prochain article). C’est de là que vient le cliché de la féministe enragée, laquelle est souvent mise en scène comme une personne qui milite ardemment sur les réseaux sociaux et qui déteste les hommes (on va y revenir).

     Maintenant que tu connais les motivations du mouvement féministe, brisons un cliché qui a la vie dure (mention spéciale à Gaëlle Garcia Diaz, je suis déçue). Trop souvent, j’entends dire qu’on « a plus besoin du féminisme », que c’était un combat du siècle dernier et que, désormais, les femmes sont les égales des hommes. D’après cette idée, le féminisme n’est donc plus utile aujourd’hui parce que le combat pour l’égalité a été remporté par la génération de nos grands-mères. Alors. Certes, il y a eu des progrès. Le droit de vote et donc de participer de façon indirecte à la politique de son pays est accordé aux femmes dans l’ensemble des pays utilisant ce système électoral et ce depuis 2015, avec l’autorisation du droit de vote pour les femmes en Arabie Saoudite. De plus, l’avortement est légal dans 146 pays (sur 193, d’après le chiffre de l’ONU). Tout ça c’est génial, mais ce n’est pas suffisant. Encore aujourd’hui, en France, à travail égal, une femme touche en moyenne 24% de moins qu’un homme. 100% des femmes ont déjà été harcelées par un homme dans la rue. Une femme sur sept se fait violer au cours de sa vie. Une femme sur cinq est battue par son mari. Et si on va au delà de nos frontières, des femmes sont excisées voire tuées pour le simple fait d’être nées femmes. Dans certains pays, l’accès aux soins leur est défendu, tout comme l’avortement. D’autres sont privées d’éducation, juste parce que ce sont des femmes. En sachant cela, comment est-il possible d’affirmer que le féminisme n’a plus lieu d’être ? Comment peut-on dire que celles qui continuent de se battre pour l’égalité sont des « mal baisées » ?

     Ensuite, abordons l’idée selon laquelle les féministes détestent les hommes. Plot twist, c’est vrai. Attends, laisse moi t’expliquer. En ce moment, on lit souvent sur les réseaux sociaux que men are trash (les hommes sont des déchets), ce qui est souvent mal pris par les hommes qui rétorquent que not all men (pas tous les hommes) en disant qu’affirmer une telle chose relève de la misandrie. Tout d’abord, il faut bien se rendre compte que le terme de misandrie n’a pas véritablement de sens dans notre société puisqu’il est techniquement, dans la langue française, l’antonyme de la misogynie et que, dans les faits, les deux phénomènes ne sont absolument pas comparables (aussi bien en terme de proportion que de violence). En effet, au vu de ce que le genre masculin fait subir aux femmes dans le monde actuel, n’est-il point logique qu’une forme de haine s’installe ? Cela ne signifie pas qu’on déteste tous les hommes et qu’on pense qu’ils sont tous pareils. Ce que l’on déteste, c’est l’homme en tant qu’idée, que concept, en tant que personne qui peut attenter à la vie des femmes impunément. En tant que genre jouissant de privilèges. C’est un peu comme ceux qui revendiquent « ACAB » (All Cops Are Bastards / tous les flics sont des bâtards), il ne détestent pas une personne précise, encore moins si elle s’est engagée pour aider les personnes en danger et qu’elle est contre les violences policières, mais l’institution qu’est la police. Bien sûr qu’on ne déteste pas les hommes de nos vies (la vidéo linkée est celle d’Antastesia, je te conseille d’aller l’écouter) qui ne font rien pour nuire au sexe féminin voire qui participent à la diffusion des idées féministes. Simplement, ils sont minoritaires ce qui fait que, quand on imagine un homme lambda, on a plus tendance à penser à tous ceux qui nous ont interpellées dans la rue, ceux qui ont essayés ou sont parvenus à nous violer, ceux qui pourraient un jour nous tabasser à mort. On a peur. Parce que la société dans laquelle on vit est effrayante lorsqu’on est une femme. Parce qu’il y règne un sexisme inhérent auquel il est impossible de se soustraire, d’où le fait de devoir mener une véritable lutte pour l’égalité. Certaines femmes, les militantes, osent s’opposer au système, parfois au péril de leur vie, pour dénoncer cela et y mettre un terme, ce qui passera par un changement des mentalités autant que du système oppressif en place actuellement. Du coup, telles des orques enfermées à Sea World, de plus en plus de femmes se rebellent contre leurs oppresseurs dans l’espoir qu’un jour on soit tous égaux.

     Bon, j’ai pu débroussailler un petit peu le sujet. J’espère que ça aura pu éclairer quelques personnes et qu’on aura l’occasion d’approfondir la thématique lors de prochains articles. En attendant, renseigne-toi, regarde des documentaires, lis des articles, des livres. C’est important, peu importe ton genre (t’as vu je fais des références à ma bannière). Et, pour répondre à mon introduction (oh mon Dieu l’Université m’a formatée), Mesdames, soyons solidaires. Cessons de nous rabaisser ou de nous juger les unes les autres et rassemblons-nous dans notre intérêt commun. L’oppression a assez duré. Messieurs, luttez à nos côtés pour que cela change. Ne parlez pas en notre nom, évidemment, mais diffusez ce que l’on dénonce et manifestez à nos côtés. Faites en sorte de détruire un système inégalitaire et de mettre un terme au sexisme ambiant. Par contre, ne demandez jamais à être applaudi pour cela, parce que c’est normal. On ne remercie pas notre couverture parce qu’elle nous tient chaud, puisque c’est sa fonction, alors pourquoi on remercierait un homme qui lutte pour l’égalité entre tous, ou qui est « gentil » (salut Karine Lemarchand, sache que j’ai toujours ton tweet en travers de la gorge) ?

 

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Fiona GILLARD

CONSOMMER A OUTRANCE, POURQUOI ?

     Dernièrement, j’ai aidé mon copain à débarrasser son appartement en vu de son départ en semestre académique à l’étranger qu’il effectue au Canada. Il a dû trier l’ensemble de ses affaires pour ne garder que l’essentiel, soit ce qui tient dans une valise. Tout ça m’a inspirée. J’ai réalisé qu’on avait tendance à vouloir posséder toujours plus et que ce n’est pas forcément très sain. C’est vrai, après tout qui a besoin d’avoir une armoire remplie de fringues, de centaines de livres entassés dans une bibliothèque alors qu’on ne les relira jamais ou pire – et c’était mon cas – plus de vingt teintes de rouge à lèvre différentes dont certaines sont périmées parce qu’on en a tellement qu’on ne peut pas tout utiliser dans les temps impartis ? Tout ça, c’est inutile, ridicule même. Ces objets ne nous apportent rien si ce n’est un sentiment artificiel et éphémère de satisfaction lié à la possession d’un objet de plus, sentiment uniquement présent parce qu’on vit dans une société où le fait de posséder plus que les autres est valorisé. Alors pourquoi ne pas consommer moins et surtout mieux ?

     Cette idée m’a amenée à me renseigner aussi bien sur le minimalisme que sur le zéro déchet. Pour te l’expliquer rapidement, ce mode de vie, qui est également appelé la « simplicité volontaire », consiste en une réduction de ses possessions et de sa consommation dans le but de se focaliser sur des choses plus essentielles. C’est une idée pérenne puisque les premières mentions écrites de ce mode de vie datent du XIXe ; on le retrouve notamment chez Tolstoï et Thoreau (à qui je compte consacrer un article dès que mon mec m’aura repassé son exemplaire de Walden pour que je le termine). Bref. Dans ma quête d’informations sur le sujet, j’ai regardé pas mal de documentaires, de conférences et de chaines YouTube traitant du sujet qui m’ont apporté nombre d’éléments de réflexion. En fait, notre problème, selon moi, c’est qu’on accorde trop d’importance à la matérialité alors qu’on devrait plutôt posséder un objet parce qu’il nous est utile ou sentimental (parce qu’on nous l’a offert, qu’il nous rappelle un souvenir ou encore parce qu’il s’inscrit dans une collection), ce qui nous éviterait de consommer trop et de gâcher. Le minimalisme, c’est donc un mode de vie qui, en plus de nous éviter de nous encombrer de babioles inutiles, est écologique !

     A titre personnel, j’avoue que je doute de pouvoir atteindre un mode de vie parfait du point de vue minimaliste et zéro déchet tout de suite, mais je pense que chaque geste est bon à prendre. C’est dans cette optique que je me suis lancée. Je me suis débarrassée de l’ensemble des vêtements que je ne porte plus régulièrement et les ai donnés à une association afin qu’ils soient utiles à d’autres personnes (tips : si tu as besoin d’argent, tu peux également les apporter en friperie ou les vendre en ligne afin de les rentabiliser). J’ai également trié les livres que je ne souhaitais pas relire pour les offrir au CDI de mon ancien lycée (autre tips : il existe des enseignes comme Gibert Jeune ou Boulinier qui rachètent les livres d’occasion. Tu peux aussi les vendre en ligne). J’essaye également de me demander si j’ai réellement besoin d’une chose avant de l’acheter et, en ce qui concerne mes courses alimentaires, je tente de limiter le nombre d’emballages présents sur les produits. Pour certains, cela paraîtra peu voire inutile mais j’imagine que chaque geste est un pas de plus vers ce qui deviendra peut-être au fil du temps une vie zéro déchet et dénuée de matérialité. Ce qui est certain pour l’instant, c’est que je consomme de façon plus consciente et raisonnée, ce qui ne fait pas de mal. Car oui, pour terminer, je voulais te dire que, très honnêtement, jusqu’à maintenant, avoir trié mes affaires et décidé de mieux consommer me fais personnellement beaucoup de bien. Chaque objet présent dans ma chambre a une signification pour moi, ce qui en fait un véritable cocon. De plus, posséder moins c’est pouvoir mieux ranger et donc retrouver facilement ses affaires, ce qui comble la maniaque que je suis (tu commences à me connaître !). Je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet, si tu souhaites connaître l’état de mon avancement dans cette quête, n’hésite pas à me le faire savoir pour que je rédige d’autres articles à ce sujet.

Pour aller plus loin :

  • Minimalism, un documentaire disponible sur Netflix
  • Le Ted Talk de Pauline IMBAULT, « Moins mais mieux : l’épopée d’une vie zéro déchet »

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Fiona GILLARD