POURQUOI DES GENS DEVIENNENT-ILS VEGANS ?

     On entend beaucoup de bêtises sur le véganisme, notamment dans les médias. Cela est dû au fait que les lobbies agroalimentaires, lesquels sont très puissants, influencent les pouvoirs publics à leur avantage, notamment par le biais de campagnes d’opinion, d’études qu’ils parrainent ou encore de publicités afin de faire croire que les produits qu’ils commercialisent sont bons voire essentiels à notre santé (ce qui, plot twist, est dans la plupart des cas faux). S’ils font cela, c’est dans le seul but de continuer à faire du profit ; le souci, c’est qu’une partie non négligeable de la population ne réalise pas qu’elle est manipulée car elle manque de connaissances et de curiosité à ce sujet (ou alors elle s’en fout, et ça perso j’ai beaucoup de mal à le concevoir). Elle se contente donc de croire ce qu’elle entend, certainement en se disant que l’industrie agroalimentaire ne souhaite rien d’autre que son bien-être (ce qui est, plot twist, toujours aussi faux). Par exemple, certains de mes collègues cuisiniers m’ont demandé, inquiets, comment je pouvais avoir un apport suffisant en protéines en ne mangeant pas de viande alors qu’il suffit d’une recherche sur Internet pour savoir que les légumes en contiennent largement assez pour être en bonne santé (d’ailleurs, merci à mes chefs d’avoir confirmé mes propos pour que les autres me croient parce que sans vous ce n’était pas gagné). Du coup, j’ai eu envie de te parler un peu du véganisme cette semaine car, comme tu le sais, la cause animale est un sujet qui me touche beaucoup et dans lequel je m’engage au quotidien. D’autre part, je pense avoir la légitimité nécessaire pour aborder ce sujet qui est si épineux sur l’Internet mondial étant donné que je me suis beaucoup renseignée dessus et tends à un véganisme parfait (ce qui n’est pas encore tout à fait le cas, mais j’y travaille) depuis plus de deux ans. Le but ne sera néanmoins pas de te culpabiliser, simplement de t’expliquer pourquoi de plus en plus de gens se tournent vers ce mode de vie histoire de t’en apprendre un peu plus (oui, je cherche clairement à compléter ce que j’ai déjà fait assez sommairement dans cet article). Commençons sans plus attendre !

     Tout d’abord, prenons le temps de définir ce qu’est le véganisme pour les cancres du fond de la classe (no judgement de ma part, hein). Pour faire simple, une personne qui se définie comme végane est quelqu’un·e qui refuse de participer à l’exploitation des animaux. A ce titre, elle ne mange aucun produit animal ou issu de ces derniers (comme c’est le cas du lait, des oeufs, du fromage, du miel, du beurre ou encore du fond de veau, N’EST-CE PAS MAMAN), considérant qu’ils n’ont pas à être exploités comme c’est le cas dans notre société actuelle. Elle ne recourt pas non plus aux animaux dans les autres aspects de sa vie ; par exemple, elle ne va pas porter de cuir ou encore de fourrure et boycotter les lieux comme les zoos ou encore les cirques qui contiennent des numéros nécessitant des animaux. Encore une fois, parce que les animaux sont des êtres sensibles et que les vegans considèrent qu’ils sont les égaux de l’homme (ça s’appelle l’antispécisme) et ne devraient donc pas être exploités pour notre bon plaisir.

     Maintenant que tu es au fait de la terminologie, voyons pourquoi de plus en plus de personnes se tournent vers ce mode de vie. En effet, celui-ci est peut-être encore perçu comme alternatif au sein de notre société mais il parvient néanmoins à convaincre un nombre de personnes toujours plus important. De plus, il est de moins en moins rare de voir des enfants ou des jeunes se tourner vers le véganisme, ce qui montre que le mouvement est en pleine expansion (à ce propos chéri, je t’ai déjà dit que si on finit par avoir des enfants ensemble je compte clairement les faire manger vegan chez nous ?) et qu’il tend à devenir naturel de se tourner vers celui-ci pour les nouvelles générations. Pourquoi ? Tout simplement parce que les études et les témoignages autres que ceux des lobbies ne cessent de s’accumuler, offrant enfin un recul aux consommateurs. On réalise que notre mode de vie et d’alimentation tel qu’il est aujourd’hui à grande échelle est néfaste pour l’environnement comme pour notre santé (sans compter qu’il martyrise des animaux innocents, comme tu peux le voir en regardant n’importe quelle vidéo filmée dans un abattoir ; oui, même dans ceux dits « doux » car, plot twist – j’utilise beaucoup trop cette expression – l’assassinat doux n’existe pas). Ces raisons sont celles qui reviennent le plus souvent, mais il faut savoir qu’il en existe une multitude d’autres. Néanmoins, pour des questions de simplicité, je vais me concentrer sur ces principales.

     C’est bien beau de dire que les animaux souffrent mais c’est quand même mieux d’avoir des chiffres, pas vrai ? Sache donc que, dans le monde, 142 milliards d’animaux sont tués chaque année pour fournir de la viande (ce chiffre ne prend donc pas en compte les exploitations laitières, les zoos, les tests en laboratoire, etc), cela représente plus de 1900 animaux par seconde, le tout pour une production de 280 milliards de kilos de viande à l’année (contre 44 milliards en 1950, si ça t’intéresse). En France, 35 animaux sont tués chaque seconde dans les 263 abattoirs présents sur notre territoire. A ces nombres s’en ajoutent d’autres comme par exemple celui des animaux tués à des fins expérimentales dans les laboratoires, lequel s’élève à 11,5 millions par an en Europe. Personnellement, je trouve cela scandaleux d’autant plus quand toute cette viande n’est aucunement nécessaire à notre survie, qu’elle n’est plus qu’une industrie comme les autres alors qu’elle implique la détention, la torture et le meurtre d’êtres vivants et sensibles. Ils sont élevés dans un environnement qui, en plus de ne pas être sain, n’est aucunement adapté à eux puisqu’ils ne sont pas en liberté voire ne voient jamais la lumière naturelle. Ils sont littéralement torturés puis tués pour un confort dont nous n’avons pas besoin. Bref.

     De plus, cet élevage intensif est extrêmement néfaste pour l’environnement ; je t’explique. A ce jour, 75 % des terres agricoles dans le monde servent à élever du bétail,  c’est-à-dire à nourrir des bêtes qui serviront, ensuite, à nous nourrir. Outre le fait que cultiver ces espaces permettrait de réduire considérablement la faim dans le monde, cela pourrait potentiellement sauver notre planète qui est en grand danger. En effet, l’élevage exerce une pression telle sur notre planète qu’il déstabilise les écosystèmes, détruit la biodiversité et provoque la déforestation. Par exemple, en Amazonie brésilienne, 63% de la déforestation est due à l’élevage. Il entraine également un taux d’émission de gaz à effet de serre beaucoup plus important qu’il ne devrait l’être à l’échelle de notre planète, ce qui accélère les changements climatiques, le taux de pollution des cours d’eau, etc. Par exemple, 50 % du méthane (c’est ce qu’il y a dans les pets ; oui c’est très glamour) présent dans l’air est issu de la fermentation entérique des ruminants, du lisier/fumier et du riz (dans les cultures de riz utilisées pour l’alimentation animale). Et ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres !

     Donc, en bref, que veulent les vegans ? Quels changements souhaitent-ils voir dans la société ? Il y a plusieurs réponses à ces questions puisque le véganisme, plus qu’un simple mode d’alimentation, c’est un mode de vie, une façon de voir le monde, soit une opinion politique. C’est donc normal qu’il y ait différents courants. Néanmoins, à terme, je pense pouvoir dire que l’ensemble des vegans souhaitent l’abolition totale de l’exploitation des animaux, le tout dans le bien commun puisque cela mettrait fin à ce que l’on peut apparenter à de l’esclavage ou au moins de l’asservissement, mais aussi à pas mal d’actions néfastes pour notre santé qui nuisent également à notre planète qui, pour rappel, est à ce jour la seule qui soit habitable dans notre galaxie.

     Voilà, je pense t’avoir expliqué les bases de ce qu’est le véganisme. J’espère avoir été claire et, pourquoi pas, éveillé quelques consciences. J’ignore si j’en reparlerai ou non ici mais sache que c’est un sujet qui me tient particulièrement à coeur, comme je te l’ai signalé en début d’article, et qui fait pleinement partie de ce que je suis. J’aime en parler, informer, mais aussi faire découvrir de nouvelles choses en cuisinant des plats vegans à mes proches. D’ailleurs, si tu veux, je partage souvent des petites recettes sur Instagram (oui, je fais ma pub). Si tu veux poursuivre ta sensibilisation à la cause animale, n’hésite pas à regarder les documentaires Netflix tels que Cowspiracy, ou encore à aller jeter un coup d’oeil sur les vidéos de Didi Chandouidoui, Gurren Vegan ou encore celles de Coline. D’autre part, si tu as des questions, tu peux me contacter !

 

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona GILLARD

Publicités

RéFLEXION SOUS LE CIEL éTOILé #SHARETHEMOMENT 1

     Le week-end dernier, j’ai pu découvrir un peu Bordeaux à l’occasion du double anniversaire de mon ami Nicolas et de sa mère. J’ai trouvé cette ville magnifique (oui Corentin, même si elle n’a qu’un seul fleuve ; ah ces lyonnais !) ; elle est dotée d’un charme sur lequel je n’arrive pas à poser de mot précis. Disons qu’elle a « un truc ». Toutes les façades de maisons ou d’immeubles sont typées du XVIIIe siècle et on trouve des fontaines un peu partout au sein de la ville, particulièrement au milieu des grandes places. De plus, elle est pleine de rues étroites et donc uniquement piétonnes qui sont plaisantes à traverser lors d’une balade. C’est simple, la ville est si belle qu’elle est classée patrimoine culturel par l’UNESCO (ce qui n’est pas rien) et ce depuis déjà dix ans. Nous sommes néanmoins très vite allé·e·s dans la banlieue pour rejoindre la maison de famille de mon ami, où se déroulait la fête.

     Je pourrais t’en parler en détails et te faire crever de jalousie (d’ailleurs c’est ce que j’ai fait sur ma story Instagram). Par exemple, en te montrant des photos de la piscine dans laquelle tous mes ami·e·s se sont baigné·e·s (pas moi à cause de ma cicatrisation de tatouage ; dommage), du repas et de tant d’autres choses à couper le souffle qui ont fait de cette soirée un moment exceptionnel. Néanmoins je n’en ferai rien car je considère que cela relève du privé, d’autant plus vis-à-vis de la famille de mon ami. Stop. A ce moment de ta lecture, tu dois logiquement te demander pourquoi j’aborde le sujet alors que je ne semble pas vouloir en parler, pas vrai ? Eh bien, tout simplement parce que c’est lorsque j’y étais que j’ai effectué une séance de méditation à la belle étoile, laquelle m’a donnée l’impression d’avoir un véritable moment de communion avec la nature.  Et ça, j’ai envie de te le raconter. J’espère que ça va te plaire, j’avais vraiment envie de te partager ce moment de plénitude. Je me suis d’ailleurs dis que ça pourrait être sympa d’en faire une catégorie d’articles (pour rappel, tu peux toutes les retrouver dans le menu situé en haut de la page) ; ça me permettra de partager avec toi des moments variés qui ont été marquants pour moi. Je me vois bien en profiter pour publier quelques photos à l’occasion. Dis-moi ce que tu en penses et j’aviserai !

     Revenons-en au sujet. Je t’ai plusieurs fois parlé (évoqué serait plus exact) du fait que j’essayais de méditer régulièrement pour faire le point sur mon existence et me délivrer de certaines émotions qui ne font que m’encombrer ; d’autre part, tu n’es pas sans savoir que je suis une amoureuse de la nature. A ce titre, il me paraissait donc inconcevable de passer un week-end à la campagne sans méditer en plein air, d’autant plus étant donné que je dormais dans une toile de tente au fond du jardin (je suis la seule à adorer dormir dans une toile de tente ou pas ?). Oh et puis l’endroit y était vraiment propice : une maison isolée au milieu des champs et des vignes où on pouvait entendre les insectes voler (enfin ça c’était avant la soirée, où on a plus entendu Maître Gims que les grillons ; encore bravo pour ta playlist Nico #ironie – bon en vrai certaines chansons étaient cools mais d’autres étaient borderline). C’est donc en toute connaissance de cause que j’ai installé mon campement à un endroit stratégique pour pouvoir, une fois la nuit tombée, observer le ciel drapé d’étoiles – celui qui me manque trop lorsque je suis à Paris – tout en effectuant ma séance.

starry-night-1149815_960_720

Photo non contractuelle, crédits : Pixabay

     Evidemment, j’ai tout d’abord passé la soirée à fêter l’anniversaire de mon ami et de sa maman avec toute leur famille et leurs amis. Ce fut une soirée mémorable, de celles dont on se souviendra encore tous dans vingt ans je pense. Je me suis sentie honorée de participer à ce qui a été à la fois une réunion de famille et de copains pour un mec que j’adore et qui compte beaucoup pour moi. Du coup, on a bien arrosé ça. Personnellement, je me suis repliée vers ma tente aux alentours de quatre heure du matin, étonnamment consciente. C’est à ce moment-là que, en fumant une dernière cigarette, j’ai commencé à contempler la nuit noire (c’est pas redondant de dire ça ?) qui se voyait illuminée par des milliers d’étoiles. Je trouve que le ciel est un des plus beaux spectacles qui puisse nous être donné de voir esthétiquement parlant alors ce fut un moment de pur bonheur. Très honnêtement, j’ignore combien de temps je suis restée à contempler l’univers, alternant séances de méditation et émerveillement pur, mais j’ai vu les premiers rayons du soleil se lever avant d’aller regagner ma tente. Même les moustiques, qui étaient pourtant nombreux, n’ont pas réussi à me sortir de cet état que j’ai envie de qualifier d’élévation spirituelle. Au cours de ce qui, j’espère, ne t’apparaît pas comme un délire étrange du genre de ceux de Sylvain Durif, je pense avoir fait le point sur beaucoup de choses concernant qui je suis et ce que je veux être. Je crois que ça m’a beaucoup apporté de me poser certaines questions. Comme je te l’ai dit dans mes impressions et favoris de juin, j’ai le sentiment d’être en train d’arriver à une nouvelle phase de ma vie, que je pressens comme celle de l’épanouissement, alors prendre le temps de se poser et, d’y réfléchir, d’apprécier cela, me paraît essentiel.

     Enfin bref, voilà ce que je voulais te raconter aujourd’hui. J’espère que ça t’as plu et que tu as pris le temps d’apprécier ce moment de lecture autant que j’ai savouré ce week-end. Je ne pense pas que ce soit un billet qui va révolutionner ta vie mais s’il t’a intéressé·e ou fait sourire alors mon job est fait. Belle semaine à toi !

 

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona GILLARD

IMPRESSIONS & FAVORIS DE JUIN

     Le mois de juin est en train de s’achever, voilà donc déjà venu le temps (des rires et des chants, pardon j’arrête) de mes impressions et favoris de juin ! Je sais, le mois dernier je t’ai fièrement annoncé·e que le format de ces articles allait changer mais ce ne sera finalement pas pour maintenant car je veux en être entièrement satisfaite avant d’officiellement le lancer. Navrée si tu n’as attendu que ça tout le mois (je plaisante, je doute d’avoir des « fans » qui attendent avec une impatience insoutenable mes nouveaux billets), j’ai quand même essayé un nouveau truc en te parlant un peu plus de moi et de ma vie que d’habitude. J’espère que ça te plaira.

     Personnellement, j’ai passé un excellent mois. Le beau temps était au rendez-vous (bon, d’accord, il y a eu des orages durant la première semaine mais ensuite tout est revenu à la normale ; la fin est même caniculaire #réchauffementclimatique), ce qui rendait la capitale presque aussi rayonnante que moi. Oui, j’ose dire que je suis rayonnante et ce sans me vanter tout simplement parce qu’après avoir réfléchi à ce que je voulais faire l’an prochain, j’ai pris le temps de me recentrer sur mes aspirations et ai eu le sentiment de véritablement renaître. C’est comme si j’avais clos un chapitre pour en ouvrir un nouveau, que je pressens comme celui de l’épanouissement. Terminé la Fiona déprimée par le capes, dis bonjour à celle qui sait ce qu’elle veut, aussi bien personnellement que professionnellement, et qui trace son chemin en toute confiance et positivité. Tu vois où je veux en venir ou bien tu penses que je suis en train de dérailler ? En gros, pour la faire courte, j’ai l’impression de m’affirmer, de commencer à assumer qui je suis et à me consacrer aux choses qui me font réellement vibrer ; tu l’auras compris le mois de juin a été très positif en terme de développement personnel.

     Je n’ai pas envie de trop déblatérer à ce sujet, parce que j’envisage d’y consacrer un article plus tard, mais j’ai vraiment passé le mois à me remettre en question et je pense en avoir tiré beaucoup de positif. Tout d’abord, j’ai décidé de me réorienter, ce qui m’a totalement libérée ; j’ai réalisé que c’était ce qui me correspondait le plus et ai l’impression d’avoir réveillé une part auparavant enfouie de moi-même. Comme si je redécouvrais quelque-chose qui fait que je me sens complète. J’ai également beaucoup médité, ce qui m’a permise de me reconnecter avec le spirituel que j’avais un peu laissé de côté pendant mes examens (quelle connerie d’ailleurs). Cela a eu pour effet d’évacuer de moi tout le stress accumulé de l’échec au capes, de ce que j’allais faire à la rentrée et accessoirement de ma vie, de trouver un boulot aussi (ce que j’ai finalement réussi à faire, wouhou !). Bref, je me sens sereine et heureuse. Je n’aurais pu rêver mieux pour commencer l’été.

     En plus, les copains que j’ai moins vu cette année, parce qu’on avait du travail ou qu’ils étaient à l’étranger, ont terminé leur année alors on passe beaucoup plus de moments ensemble – dit la fille en train d’écrire cette partie de l’article sur le balcon de Lucas en compagnie de François qui bosse à côté.

DSCN1670_Fotor.jpg

Le presque-coloc, aka Lucas, qui s’apprête à rire d’une histoire rocambolesque de François

     Oui parce que j’ai également pas mal pratiqué le squat chez les copains durant ce mois ; on passait du temps ensemble mais on se voyait aussi pour bosser (tels les jeunes et dynamiques personnes que nous sommes – et je te vois venir : non, je ne vote pas Macron ; tu n’as toujours pas compris que j’étais la pire des bobos gauchiasses ?), ce qui est une chose que j’adore faire. Comme tu l’as compris, j’ai d’abord été chez Lucas (en même temps je suis toujours chez lui) puis chez Nicolas et Esteban, où j’ai écrit une autre partie de cet article tout en écoutant l’enregistrement du premier EP d’Overload (si tu me suis sur Twitter, tu sais que je suis impatiente qu’il sorte et que je suis persuadée qu’il va plier le game).

DSCN1716_Fotor.jpg

Corentin (aka my Husband !) en plein enregistrement de l’EP d’Overload (qui tarde vachement à sortir en vrai..)

     Et quoi de mieux que de la bonne musique pour accompagner les bons moments ? J’ai donc passé juin à écouter le dernier album de Coeur de Pirate, intitulé En cas de tempête ce jardin sera fermé, lequel m’a littéralement bercée durant l’ensemble du mois. Honnêtement, il faut que tu l’écoutes car je le trouve très beau et bouleversant à la fois ; on pourrait même presque le comparer à du spleen dans ce qu’il dégage. Fais-moi plaisir et termine la lecture de mon article en écoutant la chanson ci-dessous :

     Reprenons – mais j’espère que tu es en train d’écouter le morceau que je t’ai conseillé·e. J’ai également voulu regarder quelques documentaires et ai donc attaqué En bref sur Netflix. C’est une série – que j’écoute personnellement comme si c’était des podcasts (vive les podcasts et big up à Fanny, qui lit très souvent mes articles, l’autrice de Passion Médiévistes) – qui traite de sujets aussi divers et variés que la k-pop ou la monogamie (quand je te dis que c’est varié !). Chaque épisode dure une vingtaine de minutes et explique un concept de façon concise et agréable, c’est vraiment sympa ! Dans un autre registre, parce que j’adore passer du coq à l’âne, j’ai lu Le marin de Gibraltar de Marguerite Duras, qui est une de mes autrices préférées. Ce livre m’a suivie tout le mois et j’ai vraiment pris du plaisir à le lire. En bref, c’est l’histoire d’un couple qu’on pourrait qualifier de « sur la pente descendante » qui part en vacances en Italie (j’adore ce pays en passant). Ils finissent par rompre, n’ayant pas les mêmes aspirations, et l’ancien amant décide de partir dans une sorte de quête introspective ; en dire plus relèverait du spoil. En plus, cette histoire de voyage n’a fait que raviver en moi la hâte de retrouver mon copain (avec qui tout va parfaitement bien malgré la distance, pour ceux qui se posaient la question). A ce jour, je le vois dans moins d’un mois et suis extrêmement impatiente ! J’ai l’impression de vraiment toucher du doigt le moment où l’on va se revoir, lequel me paraissait encore si lointain il y a quelques semaines. Peut-être que c’est lié au fait que je sois en train de travailler pour avoir de l’argent une fois là-bas qui joue ; à ce propos, je pense peut-être consacrer un billet à ce boulot, qui n’est autre qu’intérimaire dans une maison de retraite, pour parler de ma relation avec les personnes âgées car je les trouve fascinantes, on verra. Faut que j’en parle à ma boss avant. Bref, je suis également toujours aussi emballée par la photographie et ai eu envie de t’en mettre plein les yeux en te présentant quelques-un·e·s de mes photographes coups de coeur tels que Maud Chalard, Phil Chester, Zak Beauvois ou encore Victor Laborde. Admire ça :

     Voilà, le morceau de Coeur de Pirate doit être en train de se terminer et je viens de te présenter des photographie que je trouve absolument magnifiques, tant dans leur composition que dans ce qu’elles dégagent. Si tu te sens désormais blessed et dans de bonnes vibrations, c’est que j’ai réussi à te faire ressentir l’état dans lequel j’ai été tout le long du mois de juin. La vie est belle putain, il faut que j’essaye de ne pas l’oublier. Enfin bref, il va désormais être temps de se quitter. On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvelle article et le mois prochain pour, espérons, de nouveaux favoris. J’espère que tu vas bien, donne-moi de tes nouvelles.

 

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona GILLARD

L’éCRITURE INCLUSIVE (VULVE-GARISATION #3)

     J’ai mis du temps à sortir cet article. Au départ, mes amis Flo et Corentin m’avaient donnée une super idée de sujet à traiter mais je me suis embourbée dans mes recherches et ai préféré décaler la sortie pour avoir le temps de l’améliorer. Finalement, je l’ai un peu laissée de côté et, après réflexion, préfère continuer de débroussailler un peu avant de m’attaquer à des sujets un peu plus précis. Du coup, je repars sur de nouvelles bases pour te rédiger un article sur un sujet qui me tient à coeur, comme tu as pu le remarquer au fil de mes billets, c’est-à-dire l’écriture inclusive. J’espère pouvoir t’apprendre des choses sur le sujet et potentiellement t’ouvrir à une nouvelle forme d’écriture.

bannierevulve

     Je ne sais pas si tu es au courant mais, en mars dernier, l’éditeur Hatier a décidé de publier un manuel à destination des CE2 en employant cette nouvelle méthode qui consiste à féminiser les mots en plaçant, entre des points-médian, la terminaison du féminin. On appelle ça l’écriture inclusive. Le but de cette nouvelle forme d’écriture est de faire en sorte que le masculin ne l’emporte plus sur le féminin et que les deux sexes soient mis sur le même pied d’égalité afin de mettre un terme à la hiérarchisation des sexes. D’après l’éditeur, « les manuels scolaires sont le reflet de la société et de ses évolutions. Ils cristallisent donc inévitablement les grands débats de société ». Or, si on veut que notre société évolue dans sa manière de considérer les femmes – ce qui consiste entre-autre à leur donner une présence ainsi qu’une légitimité au sein de notre langage – il est essentiel d’adapter nos manuels scolaires et donc notre façon d’enseigner la grammaire française pour que la nouvelle génération, celle de tes frères / soeurs / cousin·e·s / enfants et j’en passe, voient l’égalité comme une norme. Eh oui, changer ce qu’un adulte considère comme la norme est difficile, tandis qu’un enfant est en cours d’apprentissage de ce qui deviendra ses valeurs, ses repères. On peut donc remercier Hatier pour avoir franchi le pas et avoir amorcé ce qui deviendra peut-être une révolution de notre écriture (j’en rajoute un peu là, en vrai c’est une habitude à prendre puis ça devient un réflexe). Pourtant, cette publication a fait jaser. Certains considèrent en effet que cela dénature la langue française et perturbe l’écriture. Et si on voyait ça ensemble ?

     Concernant le premier argument, affirmant que la langue française est sacrée et qu’elle ne doit pas être dénaturée, il faut savoir que celle-ci a longtemps été plus égalitaire qu’elle ne l’est aujourd’hui. En effet, même si les hommes ont dominé la parole publique pendant des siècles (le patriarcat, tu te souviens ?), cela n’a pas influé sur le langage avant le XVIIe siècle. Cela s’est produit sous l’influence de « puristes » qui ont condamné des noms féminins couramment utilisés comme autrice ou peintresse et ont voulu éradiquer l’accord de proximité, soit le fait de mettre le mot à accorder au genre et au nombre du mot le plus proche lorsqu’il y en a plusieurs, au profit de l’accord selon « le genre le plus noble » (PATRIARCAT). La langue française originelle est donc inclusive (j’espère que ça en bouche un coin à ceux qui se positionnent contre alors qu’ils ne voient aucun inconvénient à changer l’orthographe d’ « oignon » en « onion »). D’autre part, comme le dit bien Eliane Viennot, qui est professeure de littérature à l’université, « le langage structure notre pensée. Expliquer aux enfants que ‘le masculin l’emporte sur le féminin’ ne peut guère contribuer à forger des consciences égalitaristes », ce qui est pourtant une notion importante à inculquer au sein de notre société.

     Pourtant, la France fait de la résistance concernant la promotion d’un langage incluant les femmes. Par exemple, Edouard Philippe a banni l’écriture inclusive des textes officiels quand la plupart des pays occidentaux, et ce depuis une trentaine d’années, tentent d’en faire une norme. Récemment, les Québécois ont par exemple renoncé aux « droits de l’homme » au profit des « droits de la personne ». Une femme et un homme de ce pays viennent d’ailleurs de publier une Grammaire non sexiste de la langue française qui promet d’être très instructive (le haut conseil de l’égalité entre les femmes et les hommes en a également fait une version qui consiste en une sorte de guide pratique), j’ai d’ailleurs prévu de l’acquérir sous peu (#fionalamaitresseinclusive).

     En effet, l’écriture inclusive est une habitude et peut donc, de ce fait, perturber dans un premier temps. Néanmoins, une fois qu’on a pris le pli, on ne le remarque plus et nous l’exécutons naturellement aussi bien à la lecture qu’à l’écriture. Elle repose néanmoins sur trois principes très nobles :

  • Le fait d’accorder les grades/fonctions/métiers/titres en fonction du genre,
  • Que le masculin ne l’emporte plus sur le féminin mais inclut les deux sexes grâce à l’utilisation du point médian,
  • Et que l’on évite d’employer les mots « homme » et « femme », auxquels on préfèrera des termes plus universels comme « les droits humains » (au lieu des « droits de l’homme »).

Alors pourquoi ne pas se mettre à l’écriture inclusive ?

 

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona GILLARD

RéORIENTATION ?

     J’ai eu une idée folle et je me suis dit que ce serait bien de t’en parler. Ça me tient à cœur de le faire puisque tu suis mes aventures depuis un moment maintenant et je trouve donc ça logique de te tenir au courant de ce qui va arriver prochainement dans ma vie. Peut-être que tu le sais déjà étant donné que je l’ai un peu teasé sur les réseaux sociaux (#influenceuse) mais j’avais envie de t’en parler plus longuement ici. Je ne vais pas te tenir en haleine plus longtemps : je me réoriente. L’idée m’est venu un soir, alors que je regardais la pluie qui tombait à travers ma fenêtre (à peine cliché, je sais) et elle ne m’a plus quittée depuis. Ça fait déjà quelques semaines qu’elle tourne dans ma tête et j’ai pris une décision. C’est un revirement dans ma vie auquel je ne m’attendais pas, dont je suis la première surprise, mais je crois que je vais refaire une année de préparation de concours, seulement ce ne sera pas le même que l’an dernier.

     Tu sais, après mon échec au capes, j’ai eu l’impression d’être une pauvre m*rde incapable de réussir à accéder au métier qu’elle voulait exercer (et ce sentiment a duré assez longtemps). C’était horrible. J’ai néanmoins fini par me poser pour réfléchir à l’avenir. C’est là que l’idée a commencé à germer. J’ai réalisé à ce moment-là que, toute l’année, j’avais eu peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être assez cultivée ou professionnelle pour réussir le concours et avoir l’air crédible devant les élèves. Ça avait fini par tellement me ronger que j’en ai fait un burn-out. Pour ne rien arranger, j’étais entourée de personnes plus âgées que moi et ne me sentais pas légitime par rapport à eux, qui avaient pour la plupart déjà eu des expériences dans l’enseignement auparavant. C’est peut-être idiot mais le cumul de tous ces éléments a fait que j’ai eu un blocage et que je n’arrivais pas à me projeter en tant qu’enseignante. A chaque fois, je m’imaginais ne pas savoir répondre à une question du premier de la classe à qui je ferais cours et j’étais paralysée par l’angoisse. Pourtant, je veux enseigner. C’est une des choses auxquelles je veux consacrer mon existence, je le sais depuis toujours et n’en ai jamais douté. Alors d’où venait mon angoisse ? C’est peut-être dû au fait que je n’ai jamais réussi à retenir les dates incontournables de l’histoire sur le long terme au cours de ma licence, ce qui me donne l’impression de ne pas être une véritable historienne (ouais, je sais, j’ai un petit problème de confiance en moi, j’y travaille). Sérieusement, je peux te parler des heures de faits historiques dont je me souviens dans les moindres détails mais je suis infoutue de retenir les dates exactes à laquelle ils se passent, c’est extrêmement frustrant. Bref. J’en suis venu à une conclusion. Je ne suis pas prête à être Madame Gillard aux yeux du monde. Pour l’instant tout du moins, je préfère rester Fiona. Oui, car les collégiens et lycéens m’intimident encore un peu trop alors que je suis persuadée qu’avec les plus petits, je pourrais assurer. Du coup, c’est avec eux que je veux travailler, quitte à passer dans le secondaire plus tard si j’ai envie de changement.

     Ce choix ne me paraît pas aberrant étant donné que j’ai toujours adoré le contact avec les enfants. Pour te résumer la situation, je fais du baby-sitting depuis que j’ai 15 ans et les enfants m’ont toujours adorée, particulièrement parce que j’ai la capacité de les amuser autant que de leur apprendre des choses. Aussi, je les considère comme des êtres intelligents qui peuvent m’apprendre autant de choses que je le puis, ce qu’ils semblent remarquer et apprécier. D’autre part, je suis fascinée par leur façon de s’émerveiller de tout (c’est pas Socrate qui disait qu’il fallait le faire pour être un bon philosophe ? #dédicaceaubacphilo). Je vais donc recommencer à bosser dur pour préparer un concours, encore plus que ce que j’ai pu faire l’an dernier. Je ferai tous les sacrifices nécessaires pour atteindre mon objectif, car maintenant je suis sûre de ce que je veux faire. Je vais passer le concours pour devenir professeur des écoles (professeur du premier degré officiellement); oui, tu as bien lu, Fiona va devenir maîtresse (arrête d’avoir des pensées obscènes, c’est censé être un moment solennel). Je compte sur le soutien de mes proches mais suis certaine que tout va bien se passer. J’ai envie de réussir et de passer mes journées avec des enfants pour leur apprendre les bases de notre monde, les aider à comprendre le monde qui les entoure et les accompagner pour qu’ils deviennent de bonnes personnes. J’ai véritablement l’impression d’avoir trouvé ma voix maintenant. Je vais faire tout mon possible pour réussir et te tiendrai évidemment au courant (oui car, un autre avantage de cette profession, c’est qu’elle me permettra plus de libertés sur Internet puisque mes élèves seront moins en âge de tomber dessus qu’au collège). D’ailleurs, il est fort possible que j’aie des anecdotes sympas à te raconter étant donné que je vais entre-autre refaire des mathématiques et que ça me fait flipper d’avance (heureusement que bae, mon presque-coloc et François sont là pour m’aider). Je suis néanmoins confiante pour l’année qui approche et me sens capable tout autant que motivée. Je vais devenir maîtresse et commencerai les révisions dès que j’aurai la confirmation de mon inscription.

 

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona GILLARD

VERS UN MONDE DE PLASTIQUE ?

     Je te l’ai déjà dit dans plusieurs articles, j’essaye de ne plus utiliser de plastique ou alors le moins possible et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que c’est un matériau qui se recycle mal et que cela crée énormément de déchets inutiles, ensuite parce que les microparticules sont néfastes pour l’organisme lorsqu’elles sont accumulées sur le long terme. Du coup, comme je te le disais récemment dans un article, j’ai arrêté d’acheter de l’eau en bouteille et n’utilise plus que mon thermos en acier. Aussi, je n’utilise plus de sacs plastiques et essaye également de le limiter dans les emballages des produits que j’achète. En vrai, c’est juste une habitude à prendre et ça pourrait, si c’était fait à grande échelle, de sauver la planète. Je t’explique ?

      Commençons tout d’abord par voir ce qu’est le plastique car, on a beau en utiliser tous les jours, je ne suis pas certaine que tout le monde sache exactement ce que c’est (moi-même je ne le savais pas exactement avant de faire la recherche d’ailleurs). En gros, pour faire simple, on utilise le terme de plastique pour décrire « un large éventail de matériaux synthétiques ou semi-synthétiques qui sont utilisés dans éventail très étendu d’applications ». Le plastique est néanmoins une matière organique comme le bois, le papier ou encore la laine puisque les matières premières utilisées pour le produire sont la cellulose, le charbon, le gaz naturel, le sel et, bien entendu, le pétrole brut. Il est devenu, depuis son développement commercial dans les années 1950, le matériau moderne par excellence si bien qu’aujourd’hui, où que l’on pose les yeux, on trouve du plastique. En effet, il est utilisé au quotidien pour rendre nos vies « plus propres, plus simples, plus sûres ou encore plus agréables », ce qui explique pourquoi sa production mondiale suit une croissance exponentielle qui a atteint 320 millions de tonnes en 2015, ce qui équivaut à 10,1 tonnes produites par seconde (y’a que moi que ça choque ?). Aujourd’hui, il est par exemple utilisé pour créer des emballages (qui est son principal secteur d’utilisation, de l’ordre de 40 à 50 %), des vêtements, des constructions architecturales, des appareils médicaux, des véhicules, des smartphones, etc. Si le plastique a autant de succès, cela vient de ses qualités remarquables ; il est en effet facile à mettre en forme (c’est de là que vient son nom d’ailleurs, qui est un dérivé du terme latin « platikos » qui signifie « prêt à être moulé »), de faible coût et résistant.

     Pourtant, le plastique a un énorme défaut : il est très polluant (merci Captain Obvious). Ca, je ne vais pas te mentir, on le sait depuis le début de son utilisation mais ce n’était pas un souci puisqu’il n’était que peu utilisé. Néanmoins, comme son utilisation a été exponentielle, ça en est devenu un. Ce n’est que dans les années 1990, lorsque Charles Moore, un navigateur américain, a alarmé la communauté scientifique à propos de l’accumulation de plastique dans certaines zones de la planète, laquelle en vient à créer ce qu’on nomme aujourd’hui un « continent de plastique », que le monde a pris conscience du problème (enfin, c’est beaucoup dire étant donné que les grandes puissances se fichent pas mal de la pollution engendrée par leurs activités).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

     Cela est dû au fait que les débris de plastique ne se dégradent que très lentement et qu’ils persistent donc dans le milieu marin. D’autre part, sous l’effet des courants circulaires qui animent les cinq grands bassins océaniques, ils s’accumulent dans ce que l’on appelle les « gyres océaniques ». Il y a ainsi 5 zones d’accumulation océanique des plastiques qui se situent respectivement dans le Pacifique Nord, le Pacifique Sud, l’Atlantique Nord, l’Atlantique Sud et l’Océan Indien. Ces endroits sont qualifiés de continents de plastique mais ce ne sont en aucun cas des terres émergées sur lesquelles il serait possible de vivre ou bien même de marcher. Cette appellation vient a priori plus du fait que les zones d’accumulation de pollutions plastiques sont vastes comme des continents (DES CONTINENTS B*RDEL !). La plus grande zone d’entre toutes est située dans le Pacifique Nord et fait près de 6 fois la taille de la France soit 3,4 millions de kilomètres carrés. On estime que chaque minute 80 à 120 tonnes de déchets finissent en mer, dont une grande partie est constituée de matières plastiques (désolée pour les personnes qui, comme mon presque-coloc mais aussi correcteur Lucas, sont férues de chiffres mais je n’ai pas trouvé le pourcentage exact).

carte_7eme_continent_concentration_plastique.png

     Le premier effet de tous ces déchets plastiques est visuel puisque les déchets échoués ou flottants en mer ne sont pas très esthétiques (n’as-tu jamais eu de bel après-midi sur la plage ruiné par des amas de détritus plastiques sur la côte ?). Il en existe néanmoins d’autres qui sont bien plus contraignants et dangereux. Par exemple, nombreux sont les animaux qui meurent parce qu’ils ont été emprisonnés dans des filets dérivants ou encore des gros débris. C’est une cause de mortalité importante de mammifères marins, de tortues et d’oiseaux. Récemment, c’est en Thaïlande que ce phénomène inquiétant a le plus fait parler de lui, puisqu’en quelques jours se sont échoués sur la plage plusieurs animaux morts dont une baleine qui avait avalé plus de 80 sacs plastiques. Une vétérinaire locale, Weerapong Laovechprasit (moi non plus je n’arrive pas à bien le prononcer, t’inquiète), affirme au Monde que « cette année,  50 % des tortues que l’on retrouve échouées sur les plages sont malades à cause des ordures plastiques qu’elles ont avalés », le tout en précisant bien qu’il y a quelques années cela ne concernait « que 10 % des cas ».

      D’autre part, il faut savoir que ces débris représentent également une pollution chimique puisqu’ils contiennent des composés qui peuvent être transférés dans les organismes marins lors de l’ingestion. Certaines sont aussi potentiellement toxiques et peuvent s’accumuler dans l’organisme (sympa !). La mer Méditerranée concentre d’ailleurs un niveau record de microplastiques, soit de miettes de moins de 5 millimètres qui empoisonnent toute la chaîne alimentaire jusqu’à menacer la santé humaine. Au total, « la concentration de microplastiques est presque quatre fois plus élevée dans cette mer quasi fermée que dans les continents de déchets plastiques repérés dans les océans », souligne WWF.

     Pour résumer, la pollution des écosystèmes par le plastique est une problématique d’une grande complexité dont les scientifiques ne sont pas encore capables d’évaluer pleinement les conséquences sur l’équilibre des écosystèmes et sur la santé humaine (cette phrase de conclusion n’est pas awesome ? Franchement je suis fière de ce petit style universitaire). On sait néanmoins que toute cette pollution est la faute de l’omniprésence du plastique dans la vie quotidienne et au fait que le recyclage de celui-ci n’est pas assez efficace, étant donné que seulement un tiers de ces déchets sont traités pour être recyclés en Europe (faut se mettre au tri sélectif les gens !). La seule solution viable pour le moment est donc de consommer moins voire plus du tout de plastique, ce qui peut aider aussi bien les animaux que l’environnement et l’homme. Des initiatives commencent à voir le jour, comme à Amsterdam où un supermarché vient d’annoncer l’ouverture du premier rayon « 100% sans plastique » au monde, où les emballages sont uniquement faits en matières alternatives. Est-ce que cela signifie que nous allons dans la bonne direction pour sauver nos océans de la pollution par les plastiques ? Aucune idée mais il va bien falloir trouver des solutions face si on ne veut pas vivre dans une « planète plastique » qui finira par tous nous tuer (oui c’est très dramatique, mais c’est la vérité ; parce que d’après les estimations des chercheurs, en 2050 maximun il y aura plus de plastique que de créatures marines dans l’océan et c’est un scandale qu’on ne fasse rien pour arrêter ça). D’ailleurs, on ne trouve pas de solution et que ça arrive (please no #savetheplanet), j’ai hâte de voir à quoi ressembleront les repas des carnistes à ce moment-là. Oh mais attend ! Une publicité espagnole s’en est chargée (sans rancune les carnistes, c’est pour toutes les fois où vous m’avez proposé du saucisson) !

     Sur cette petite dose d’humour (parce que ça fait quand même du bien après autant d’informations déprimantes), je vais te laisser. A la semaine prochaine, ami·e. J’aime bien notre rendez-vous hebdomaire, tu sais ?

 

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona GILLARD

LES EMOJIS, RENOUVELLEMENT OU DéCADENCE DU LANGAGE ?

     L’autre jour, j’étais chez mon presque-coloc (Lucas pour les intimes) et, alors que le vin rouge commençait à nous monter à la tête, nous avons commencé à débattre sur la langue et son évolution (t’as vu comme, même bourrée, je reste une intello ?). A cette occasion, je lui ai exposé un point de vue de plus en plus émergent sur les emojis, qui ont tendance à être considérés comme une forme de renouvellement du langage qui pourrait peut-être, à terme, constituer un moyen de communication compréhensible à l’internationale, un peu comme une version réussie de l’esperanto (#salty). Comme il n’avait jamais vu les choses sous cet angle, je me suis dis qu’il ne devait pas être le seul et ai décidé d’y consacrer un article, lequel te permettra peut-être de réfléchir à ce sujet que je trouve très intéressant (en plus je sais que ce genre d’articles, ceux qui font réfléchir, plaisent pas mal sur ce blog). Par contre, je te préviens tout de suite cher·e ami·e, la structure de ce dernier est différente de ce que je peux produire habituellement et fait universitaire (en même temps, ça aurait été étonnant que mes trois années de fac ne laissent aucune trace). J’espère que ta lecture et ton appréciation de ce dernier n’en seront pas altérées. Commençons sans plus attendre et, au terme de ta lecture, n’hésite pas à partager ton avis sur le sujet avec moi.

 

      Je vais être franche avec toi, pendant tout un moment – notamment lors de leur apparition – j’ai détesté les emojis et me refusais à en utiliser. Pour être plus exacte, ce qui me dérangeais était le fait que leur utilisation soit de plus en plus systématique au sein des conversations écrites, ce qui faisait selon moi assez kikoo (#générationskyblog), et que de plus en plus de personnes avaient tendance à les substituer aux mots, ce que je voyais comme une décadence du langage. De plus, je n’avais pas pu m’empêcher de remarquer que les entreprises reprenaient cette tendance pour avoir l’air « djeuns » (j’ai l’impression d’avoir 1000 ans d’un coup) et se faire de l’argent ; par exemple, ils n’ont pas hésité à traduire la Bible en version emoji (je trouve ça choquant et pourtant je ne suis pas croyante, alors je n’imagine même pas ce qu’en pensent les culs bénis), ou encore Hamlet. De plus en plus d’objets à l’effigie des emojis ont également commencé à faire leur apparition ; ils étaient partout et c’est de pire en pire, au point que même l’ex-président Nicolas Sarkozy les utilise comme si de rien était :

emoji sarkozy.png

     Pourtant aujourd’hui ça ne me dérange plus. Les emojis font partie de mon quotidien et il est assez rare que je n’en glisse pas un dans les messages que j’envoie (mes amis peuvent témoigner, le temps où je raillais les personnes qui osaient mettre un emoji à la fin de leurs textos est révolu). Par ailleurs, j’ai de plus en plus tendance à penser qu’ils ont une utilité au sein des discussions écrites, d’autant plus après avoir remarqué à quel point recevoir un simple emoji coeur de la part de mon mec pouvait me mettre en joie. Bref. Et si on voyait laquelle ?

34689268_2044588175613332_3906834906801504256_n

     Avant de nous attaquer véritablement au sujet du jour, commençons déjà par éclaircir un point qui sera important pour la suite : les emojis et émoticônes ne sont pas la même chose. En effet, l’émoticône – dont le nom n’est autre qu’une contraction des mots « émotions » et « icônes » – a pour but de représenter une émotion faciale par le biais de l’utilisation de caractères préexistants au sein de notre langage, lesquels sont associés ensemble pour former un pictogramme. Par exemple, le smiley apparaît par l’accolade d’un deux-points et d’une parenthèse. Ce détournement du langage écrit a été inventé par un chercheur en informatique américain en 1982. Ce n’est quelques années plus tard, en 1999, que les premiers emojis voient le jour au Japon. Ces derniers sont des images stylisées qui ont été créées par Shigetaka Kurita, qui souhaitait faciliter la communication en permettant de faire baisser le nombre de datas et caractères au présents au sein d’un message. Ca y est, tu as compris la nuance ? Bon, si jamais ce n’est pas le cas, sache que Pierre Halté, docteur en sciences du langage, en a distingué deux principales. Tout d’abord, le terme d’émoticône englobe « tout pictogramme qui sert à indiquer une émotion », tandis que l’émoji peut également représenter des objets. D’autre part, il est nécessaire de connaître le code à utiliser pour faire apparaître une émoticône et ce dernier peut varier en fonction de nos préférences (par exemple, la plupart des gens tapent « 🙂 » pour faire un smiley quand d’autres font « 🙂 » pour lui ajouter un nez et le rendre plus humain) alors que, pour ce qui est de l’emoji, il est indispensable de passer par un clavier particulier, lequel se présente comme une galerie d’images qu’on ne peut modifier.

     Maintenant que l’ambiguïté est levée, revenons donc aux emojis. En 2010, ils ont été intégrés au langage Unicode, qui n’est autre qu’un « standard informatique qui permet des échanges de textes dans différentes langues, à un niveau mondial » (merci Wikipédia), ce qui est déjà une belle reconnaissance. C’est néanmoins en 2011 qu’ils sont devenus un véritable phénomène, puisque c’est cette année-là (toi aussi tu as pensé à Claude François ? Si non, écoute ça) que Apple a commencé à intégrer le clavier Unicode comprenant l’ensemble des emojis existants à tous ses appareils. Nombreux linguistes assimilent cela au début de l’émergence d’un langage complètement nouveau, lequel est en passe de devenir le symbole d’une époque ; en effet, les Egyptiens avaient les hiéroglyphes tandis que nous avons les emojis. Tu restes sceptique ?

     Si tu as répondu à la question d’avant par l’affirmative (Nekfeu rpz), sache quand même qu’en 2015, Oxford (le dictionnaire britannique hyper famous, pas la ville) a désigné pour la première fois de l’histoire un emoji comme « mot de l’année ». Celui-ci n’était autre que le petit visage si hilare que des larmes de joie coulent sur son visage (j’espère que tu sens à quel point j’ai galéré à ne pas le résumer au « smiley mdr« , vraiment). Quoique surprenante, cette nouvelle ne me paraît en aucun cas aberrante au vu des chiffres, puisqu’on estime que plus de 6 milliards d’emojis sont envoyés chaque jour via les messageries. Il est à noter que ce chiffre ne prend pas en compte les réseaux sociaux, qui sont pourtant l’endroit où ils sont les plus courants ; pour te faire une idée, en mars 2015 un post Instagram sur deux contenait au moins un emoji. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces icônes permettent d’attirer l’oeil et d’établir, à long terme, un lien plus fort émotionnellement avec ceux qui voient le message. Mais ce n’est pas tout. En effet, parler en utilisant des emojis lorsqu’on correspond à l’écrit avec quelqu’un permet de remplacer toute la partie non verbale, laquelle ne peut véritablement être transmise par des mots. Par exemple, ils vont servir de palliatif à l’absence de gesticulations, de mimiques faciales ou d’intonations, qui sont pourtant essentielles dans le cadre d’une discussion en face-à-face. On peut donc considérer les emojis comme un complément aux mots ; c’est une plus-value émotionnelle pour reprendre les termes de Cyrus North, qui a fait une vidéo très intéressante (quoi qu’incomplète selon moi) sur les emojis. Cette dernière est plus particulièrement utilisée, en France tout du moins, par les plus jeunes. Néanmoins, selon André Gunthert, qui est chercheur en histoire culturelle et études visuelles à l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales. Big up à mon ami Nicolas qui y étudie btw), l’utilisation des emojis est une pratique qui se diffuse rapidement et ce même auprès des personnes les plus âgées (en témoigne ma mamie – que j’embrasse puisqu’elle lit tous mes articles – qui glisse parfois quelques emojis dans les messages qu’elle m’envoie). En plus de cela, les emojis commencent à investir les sphères moins intimes si bien qu’on les retrouves aussi bien dans nos mails pro que dans les messages de politiciens (ne me force pas à reparler de Sarkozy ou d’un autre abruti dans son genre s’il te plait).

     En sachant cela, ne pourrait-on pas imaginer qu’à l’avenir les communications officielles ou encore le langage politique, soient touchés par ces outils ? En effet, aujourd’hui le côté ludique paraîtrait déplacé au sein d’une conversation officielle mais on peut assez facilement envisager que, dans les années à venir, les emojis vont sortir de sphère intime et profiter de leur popularité pour effectuer une percée et fabriquer une nouvelle forme de langage. D’autre part, même si on peut considérer que les emojis sont réducteurs par rapport aux mots à l’heure actuelle, on peut aisément envisager que cela ne sera plus le cas à l’avenir, puisque de nouveaux emojis sont créés chaque année suite à leur validation par le Consortium Unicode. Il est également à noter que les emojis pourraient constituer une révolution pour les 16% de la population mondiale analphabète, puisque cela leur permettrait de communiquer aisément à l’écrit ; pareil pour quelqu’un qui ne parle pas d’autres langues que sa maternelle et qui doit communiquer avec un·e étranger·e. En somme, les emojis pourraient devenir, comme je le disais en plaisantant lors de mon introduction, une sorte de nouvel espéranto qui s’apprend presque instinctivement et permet de faciliter aussi bien l’entente que la compréhension des peuples.

     Néanmoins, les emojis ne sont en aucun cas un moyen de communication parfait. Par exemple, la perception de ces derniers peut varier d’un pays ou encore d’une culture à une autre. Pour te donner une idée, l’émoji pouce levé est très apprécié en Occident et traduit quelque chose de positif tandis qu’au Moyen-Orient, cet émoji est lié à une insulte. De telles divergences poseraient de graves problèmes si les emojis en venaient à devenir le moyen de communication universel. Selon André Gunthert, ce souci vient du fait qu’une image peut signifier plusieurs choses, et peut être interprétée de façon plus large qu’un message linguistique. C’est d’autant plus probable étant donné que les emojis ne sont pas réellement formatés et qu’ils varient d’Androïd à Iphone, ce qui peut créer des mésententes. Les emojis sont néanmoins un bon outil pour les conversations qui ont lieu dans le cadre privé, où les gens se connaissent, car ils ont une signification particulière pour les personnes qui les reçoivent, ce qui n’est pas le cas dans la sphère publique. Pour pallier à cela, il serait donc nécessaire de mettre au point une représentation universelle de chaque emoji et de lui donner une définition, comme essaye déjà de le faire l’Emojipedia de façon officieuse.

 

     Pour résumer, il ne faut pas voir les emojis comme une nouvelle langue mais plutôt comme une nouvelle manière d’écrire celles qui existent déjà, le tout par le biais d’idéogrammes qui peuvent éventuellement être compréhensibles à l’internationale. Ils pourraient donc bien, à l’avenir, prendre de plus en plus de place dans notre quotidien et sortir de la sphère privée, d’autant plus étant donné que de nouvelles icônes sont créées chaque année, ce qui rend la communication plus facile et précise. On peut donc considérer les emoji comme une forme de mutation du langage, laquelle est collaborative puisque chacun peut proposer son propre emoji. Quant à savoir si ce phénomène constitue une décadence du langage, étant donné qu’il revêt une nouvelle forme et que celle-ci échappe aux règles grammaticales, je pense que chacun peut avoir sa propre opinion à ce sujet, alors pourquoi pas me donner la tienne ?

 

Une remarque ? Une question ? Tu peux t’exprimer via les commentaires qui n’attendent plus que toi !

Fiona GILLARD